Maux d’enfants

13 décembre 2009

Avant de laisser mon cerveau inconséquent oublier ce moment de pure poésie, une citation de Mademoiselle Moizelle, réveillée en plein cœur de la nuit par une fièvre intense :

« La nuit noire est venue me regarder dans les yeux. Elle m’a réveillée et j’ai eu peur ».

Ma chérie, je suis si pessimiste ces jours-ci que je pense que c’est notre avenir à tous que tu as vu cette nuit. Je comprends que tu aies eu peur.

 

Perspicacité

20 septembre 2009

Vendredi à l’école maternelle, classe de PS2.

Aujourd’hui la maîtresse, qui occupe également le très convoité poste de directrice (si convoité qu’il est systématiquement attribué à la dernière arrivée, en signe de bienvenue) est remplacée par une autre maîtresse, une qui ne maîtrise pas encore toutes les nuances qui différencient une Océane d’une Alyzée, un Younis d’un Luka.

Chaque enfant lui rappelle généreusement son prénom en arrivant dans la classe, afin de la tirer d’embarras.

Mademoizelle Moizelle entre à son tour.

« Bonjour, comment t’appelles-tu, belle enfant, demande la maîtresse (oui, j’enjolive un peu : c’est ma fille, c’est mon blog, c’est mon droit)

- Blanche Neige », répond la délicieuse.

Mademoizelle Moizelle, toute superhéroïne qu’elle est, manque parfois de perspicacité.

Ou alors elle est sadique.

Je me demande ce qui est pire.

Un moment de grâce

14 septembre 2009

Je lisais il y a quelques mois déjà sur le blog de Madame de Bougeoir : « Comment ai-je pu vivre sans Spotify ? » Maintenant que j’ai été frôlée d’aussi près par l’affectueuse grande faucheuse, je me le demande. Disséquons ensemble cette courte phrase si pleine de sens, voulez-vous ?

D’une part, comment ai-je pu vivre jusque-là tout court ? Vivre sans prendre pleinement conscience que j’étais à ce point à la merci de mon propre corps ? Trahie. Mise en danger par un infime caillot, trop tôt apparu, enfin disparu. Presque comme s’il n’avait jamais existé. Alors que j’aurais pu être agressée violemment par beaucoup plus petit, mais extérieur à moi-même au moins, un virus à la mode par exemple (on dirait le titre d’un film d’espionnage de série B, L’ennemi qui venait de l’intérieur ou Le caillot frappe toujours deux fois).

Spotify, d’autre part. Comme je suis au repos, je sors moins et comme je sors moins, je ne peux pas aller m’acheter le Unplugged in New York de Nirvana pour le moment. Cela ne saurait tarder. Je sais, je sais, ce n’est pas up to date, mais je replace la situation dans son contexte pour que vous en goutiez tout le sel. D’un commun accord, je suis réputée être la fille qui ne jure que par les enregistrements studio. Je ne suis pourtant pas butée, mais je devais avoir de mauvais souvenirs d’albums live. Donc, le live c’est en concert, un point c’est tout ! Du coup, je ne connais de Nirvana que deux albums en tout et pour tout. Or, Mister R., en surfant sur Spotify (musique en streaming de première qualité) pour retrouver du Bowie, s’est arrêté sur « The man who sold the world » (qu’il connaissait, le traître), repris par Nirvana, pour me le faire écouter. Et là, comment vous décrire au mieux mes sentiments ? Je ne sais pas. Ce n’est pas une histoire de cerveau, c’est une histoire de tripes (et en ce moment, c’est plutôt mieux).

Touchée par ce pur moment de grâce, où la fragile voix de Kurt Cobain se fêle sur la raucité des accords de guitare. Bouleversée.

Touchée par une reprise. Certains de mes amis doivent en rire allègrement.

Depuis, je l’écoute en boucle sur Spotify en attendant de pouvoir acquérir le convoité CD, pleine d’empathie et d’affection pour ce jeune homme que je ne connais pourtant pas, un jeune homme au talent infini et au destin tragique, né avant moi, qui a toujours la vingtaine alors que j’empile peu à peu les années qui me permettront bientôt d’avoir des élans maternels pour lui.

Oh no, not me, I’ve never lost control.

I must have died alone, a long long time ago.

A fond pour la scolarisation

16 août 2009

En ce joli samedi de printemps, le soleil brillait dans la cour de l’école. Ses rayons faisaient miroiter joyeusement la verroterie au cou des petites filles déguisées en princesses et les épées des petits garçons qui affrontaient de fabuleux dragons. A l’écart, les plus grands considéraient ces jeux puérils avec le dédain que leur permettait une grande différence d’âge, celui-là même que leur dédieront les 3e dès la rentrée prochaine au collège.

Deux parents, les larmes aux yeux, regardaient leur petit garçon s’appliquer pour réussir une chorégraphie compliquée de danse contemporaine. Ils étaient fort attendris de le voir pour la première fois participer à une kermesse. Autour d’eux, les autres parents de la classe regardaient avec la distance que procure une certaine habitude. Il est vrai que, pour les enfants de CM2, le rituel kermesse est une fin plutôt qu’un commencement. Pour nous, parents attendris, non. Monsieur L., pour la première fois depuis des années, participait au spectacle de kermesse. Et ce fut une réussite complète, une grande victoire : l’enseignante et l’AVS avaient choisi des codes que tous comprenaient, les enfants de son groupe veillaient à ce chacun suive et Monsieur L. lui-même s’appliquait à ce que le spectacle soit réussi. Une parfaite concordance, une parfaite après-midi.

Je commence par ce joli conte de fée, dans la série Tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes, parce qu’aujourd’hui est un grand jour et je ne pouvais pas manquer de vous l’annoncer.

A 8h ce matin sont partis de Saint-Malo les coureurs de la Milkil II, ultramarathon de 1000 km pour coureurs de l’extrême. Parmi eux, Gwen Le Ny, CPE de collège qui a décidé de dédier sa course aux élèves autistes et à ceux qui les accompagnent.

La scolarisation en milieu ordinaire est, de nombreux spécialistes s’accordent à le dire, l’une des clés de l’autonomie pour les enfants autistes. Elle est également, de mon point de vue, une grande chance pour une société future qui se voudrait tolérante envers les différences, toutes les différences, celles qui font la richesse et la beauté du monde.

Pourtant, chaque année, les parents doivent mener un combat acharné pour parvenir à la mener à bien. Combat parfois gagné, parfois perdu, hélas. C’est pourquoi, pour faire avancer les idées en ce domaine, Gwen Le Ny et plusieurs membres de l’association ASPERANSA déposeront à chaque étape des dépliants informatifs sur cette question.

Si vous souhaitez les rencontrer, encourager Gwen au long de cette course de folie, vous trouverez toutes les informations sur le site d’ASPERANSA.

Je suis très admirative, me considérant moi-même comme une sportive de l’extrême dès que j’ai monté deux étages à pied (fichus ascenseurs !)…

Nostalgie

8 mai 2009

Ce mercredi, ces messieurs étant occupés de part et d’autre, je passe un moment seule à seule avec Mademoiselle Moizelle, qui exige un passage au parc public.

Comme je suis une mère stricte, sévère et exemplaire, je cède.

Je vous parle à présent en direct de la bienpensitude, au coeur de la vie sociale des 1 – 6 ans et de leurs mères – pères – autres (rayer les mentions inutiles).

Banc, soleil, calme, un regard approximatif de temps en temps vers le toboggan. Rien de bien extraordinaire me direz-vous.

Et bien si : brusquement, je m’aperçois que quelque chose cloche. Le calme, l’anormal calme. Pas de hurlement, pas de regard rébrobateur des autres parents, pas l’angoisse au ventre.

Il y a bien longtemps que Monsieur L. allait au parc, affrontant avec moi les hordes de barbares neurotypiques, doltoïsés et florencepernoultisés, qui se gargarisaient de la supériorité de leur mode éducatif sur le mien, mère indigne à l’enfant mal élevé. Bien longtemps.

L’année prochaine, il va affronter les mêmes, un peu plus grands, un peu plus vieux, pour son entrée au collège. Bis repetita ?

Quoi qu’il en soit, nous préparons cela comme une expédition sur Mars.

Désespérée ?

2 avril 2009

Je ne sais pas pourquoi – un coup de blues – j’ai failli cliquer l’option « approuver les éléments sélectionnés en tant que commentaires valides » sur la page des spams.

Est-ce que je me manquerais de vie sociale ?

J’ai un problème

4 novembre 2008

Et il n’a rien à voir avec un pseudo sentiment qui m’unirait à toi (cette remarque est destinée soit* aux plus de quarante ans, soit à ceux qui ont une mère abusive et, qui plus est, fan de Sylvie et Johnny, soit à ceux qui possèdent une radio défectueuse bloquée à vie sur Radio Nostalgie).

J’ai un problème, donc, et je vous en soumets l’énoncé :
Soit une jeune femme encore dans la fleur de l’âge, mais qui souffre d’un manque d’effort personnel sur sa musculature autrefois avantageuse, dotée de trois enfants particulièrement remuants et exigeants en terme de temps et d’attention, et qui accède à de nouvelles fonctions chronophages, calmiphages, séréniphages. Trouvez la raison qui la tient éloignée de son blog et de ses weblogfriends.
(Si vous répondez le sport, vous avez un gage moyenâgeux, je vous préviens sans frais.)

Brèfle, je suis venue vous dire que je m’en vais. Je sais qu’il n’y aura pas de sanglot, ni long, ni court, ni de l’automne, ni fleurs, ni couronnes, mais je suis un peu triste quand même. J’ai l’impression de déménager (pour de vrai, pas que de la tête) et de perdre de vue des amis proches, alors que je ne connais pratiquement aucun d’entre vous dans la real life. C’est un sentiment très curieux et peu agréable, je vous l’avoue. J’espère qu’on s’écrira…

Adios les souris, et dansez bien…

* Je vous avertis immédiatement que je compte abuser ici du « soit », que j’aime particulièrement, surtout quand il claque bien dans des liaisons dangereuses et qu’il est multiplié dans une litanie agréablement scandée.

Je lis donc je suis

13 septembre 2008

Je rebondis sans vergogne et sans en avoir trop l’air sur une idée d’Ashley (qui l’a utilisée alors qu’elle ne manque pas d’inspiration, elle, ce qui n’est pas très altruiste, mais bon, comme je peux la reprendre, je ne dis trop rien et juste entre parenthèses).

L’idée est donc la suivante Prendre le livre qu’on lit actuellement à la page 123. Recopier le texte de la 5e phrase et des 3 suivantes. En plus, il faut indiquer le nom de la personne avec un lien sur son blog pour bien mourir de honte en annonçant au monde entier que un, on n’est pas foutu d’avoir une idée personnelle et deux, on n’est pas capable d’écrire correctement soi-même, il faut citer quelqu’un d’autre si on veut faire croire que l’on pourrait, si on voudrait, écrire aussi et deviendre un vrai écrivain. Vous connaissez ma position sur on, je n’y reviendrai donc pas.

Trève de billevesées et autres tergiversations, voici ce que je lis à la page de mon livre de chevet :

« Les contrats collectifs de travail et les règles y assimilées ainsi que tous les actes nécessaires pour leur stipulation ou délibération sont exemptés des droits de timbre et d’enregistrement.

Article 59

En cas de dissolution ou de retrait de la reconnaissance d’une des associations contractantes, le patrimoine de cette association reste lié à l’exécution des obligations assumées par elle dans le contrat collectif pour toute la durée du dit contrat et pour une année ultérieur. La dissolution ou le retrait de la reconnaissance n’ont aucune influence sur les droits dérivant du contrat collectif en ce qui concerne tous ceux à l’égard desquels le contrat était valable aux terme de la loi. Dans ce cas, chacun des intéressés peut, en ce qui le concerne dénoncer le contrat dans les cas prévus et avec les formalités admises. »

Nan, je rigole, ça ce doit être celui de notre cher X (je reste discrète, je ne voudrais pas être accusée de diffamation et finir en prison pour tenir compagnie à un tueur en série qui se sent un peu seul dans sa cellule).

Chez moi, ça donne plutôt ça (je vous en offre la primeur, je ne suis allée que jusqu’à la page 80, si ce n’est pas du sacrifice, je vous jure) :

« Eux seuls étaient entourés d’un cadre de bois. Ils étaient si bien aiguisés qu’ils ne semblaient pas vieux.
- C’est une sorte de maladie héréditaire qui court dans les veines de ma famille.
- Je garde précieusement le couteau à cran d’arrêt que vous m’avez offert. »

Un petit jeu pour finir : lequel de ces textes reflète la sanitude d’esprit de son auteur ?

Souvent femme se tait

29 août 2008

J’avais commencé un post il y a, voyons voir, hum… trois mois environ. Cet inoubliable texte s’intitulait « Souvent homme varie ». Pour la énième fois je comptais me plaindre de toutes les personnes imparfaites, surtout les hommes, qui peuplent ce monde que les extra-terrestres nous envient (et ils sont bien les seuls). Parce que, évidemment, je me pose en référence de la perfectitude, cela va sans dire. Sinon, tous les repères disparaissent. Comme on ne calcule bien une position que par rapport à la sienne propre, on ne juge bien l’imperfection des autres que par rapport à sa propre perfection. Qui a été quelque peu absente de ce blog, je le concède.  Et qui bat un peu de l’aile, donc… J’ai varié, je l’avoue, je l’avoue : des fois j’écrivis, des fois je n’écrivis pas.

Dans ces conditions, je reviens, résolue à l’insuffisance (c’est la rentrée, et comme je ne fume pas et que je trouve que perdre du poids c’est trop difficile, c’est là ma résolution (qui n’est pas pire qu’une autre, vous me l’accorderez je pense)). Je ne viens pas à cette acceptation sans peine, croyez-moi, mais je dois m’avouer vaincue, persuadée de l’infériorité de la femme grâce aux démonstrations irréfutables tenues par ces brillants intellectuels que sont les commentateurs sportifs. Certains commentateurs. Pas tous. Pour preuve quelques citations tirées d’émissions diffusées à la télévision récemment sous le titre « Les jeux olympiques de Pékin » qui auraient, à mon avis, pu être sous-titrées « le rire de résistance » (je vous les transmets brutes, telles quelles, je vous préviens, c’est violent) :

« Et pourtant, il s’est battu comme un homme. »
« Le base-ball, c’est un sport d’homme. »
« Le Fosbury, c’est pour les filles. »
« L’équipe des féminines est assez bonne, mais attendez de voir les hommes ! »
« Pour gagner dans ces conditions, comme un homme, il faut un tempérament à toute épreuve. »

Voilà, voilà.

Hommage à on

5 juin 2008

On a bon dos, on est un incompris. On, pourtant, n’a pas toujours tort. On dit, par exemple, que les enfants sont nuls en maths. C’est vrai. La preuve ?

Trois enfants, ce n’est pas égal à deux enfants plus un enfant.

Trois enfants, c’est un enfant puissance dix (ou cent, ou mille, ça dépend du potentiel de départ).

Voilà.

C’était ma contribution du soir aux grandes avancées scientifiques du siècle.

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