Archive pour juin 2007

Une femme ISO

Jeudi 28 juin 2007

Non mais quel temps perdu… Quand je pense qu’il y a d’éminents penseurs dans les directions des ressources humaines qui s’imaginent avoir décroché la lune parce qu’ils ont pondu un concept qu’ils prétendent nouveau. Je rêve !

Le travail en temps maqué qu’ils appellent ça, comme le concombre superhéros. L’idée, c’est que les gens, ben y seraient capables de faire plusieurs choses en même temps. Nan ! C’est pô vrai ! Ben si. Révolutionnaire non ? Pour trouver ça, à mon avis, ils ont dû fréquenter les alentours de la machine à café. Là, on m’a dit qu’il y a des gens qui réussissent à touiller le sucre, boire le café, écouter des médisances tout en en préparant une bien bonne à raconter sur leur collègue de bureau ! Si ce n’est pas de la performance, ça !

Sans aller trop loin, je vais prendre un exemple que je connais bien : moâ. Bon déjà, je peux lire mes mails et y répondre en mangeant un gâteau (sans coller des miettes plein le clavier) et même, si le téléphone sonne, je peux y répondre. Incredible. Là, en plus, pour ne pas indisposer mon interlocuteur, je suis obligée de taper très doucement sur les touches du clavier pour qu’il ne me soupçonne pas de ne pas l’écouter. Mais attendez, ce n’est pas tout. Comme le chat chapeauté, je sais aller croissant dans la difficulté.

Et c’est là où je me trouve mégaforte, derrière et à côté de longues lignées de femmes mégafortes qui font ça depuis la nuit des temps sans que personne ne leur dise jamais qu’elles sont extraordinaires. Prenons un moment crucial dans la journée d’une mère de famille : les alentours de 19 h… Tadam. Grand moment de solitude et d’angoisse quotidienne. Il faut dans le même temps : écouter son fils raconter ses histoires acadabrantesques cromignonnes tout en donnant le bain au bébé, en écoutant si le dîner mis à cuire par ses soins quelques minutes avant n’est pas en train de déborder, penser à ce qu’on va préparer pour le pique-nique de l’aîné le lendemain matin, ranger la salle de bain laissée immonde par les sangliers qui vivent dans la maison et qui ne prennent jamais le temps d’essuyer leurs traces derrière eux, même (ou surtout) quand il y a eu concours de celui qui attendrait le haut du miroir en crachant du dentifrice, veiller à ce que les aînés enfilent leurs pyjamas et mettent leurs hardes vêtements dans le panier de linge sale, se dire « ah tiens ! Je pourrais faire un post avec ça ! » et, suprême épreuve, répondre au téléphone en ayant l’air captivée par le discours de son interlocuteur afin de ne pas avoir à affronter des remarques telles que : « On dirait vraiment que ça ne t’intéresse pas ce que je te raconte » ou « De toute façon, avec toi, ce n’est jamais le bon moment pour appeler ».

Alors que, et c’est pas pour dire du mal des hommes, hein, s’pas mon genre, j’en connais des qui sont même pas capable de suivre une conversation en regardant la télé en même temps (depuis le temps qu’ils essayent, sont même pas cap de répondre autre chose que « hmmm ») ou regarder une action déterminante dans un match de foot en buvant une bière sans en renverser partout.

Alors, alors, hein, c’est qui qu’est le plus mieux ISO ? C’est qui ?

Concombre © Mandryka

Le langage des fleurs

Vendredi 22 juin 2007

Je n’avais plus le cœur à écrire (pour tout dire, je n’avais plus vraiment le temps), quand tout à coup, une inconnue m’offre des fleurs. En fait elle m’a plutôt indiqué l’adresse d’un bon fleuriste.

Lisabuzz.com parle de Du temps pour moi :

Qui a dit que la blogosphère n’était qu’un ramassis de petites confidences sans intérêt ? Cette personne n’a visiblement pas lu Du temps pour moi. Car Aphykit, tout en classe et en retenue, y démontre que les blogs n’ont rien à envier à la meilleure littérature. Une réussite spectaculaire et durable.

signé http://blog.lisabuzz.com

J’ai beau savoir que c’est du cirage de pompe automatique, on dirait bien, cette fois, que Lisabuzz à mis la seconde qu’il a pris pour produire sa critique à profit pour lire mon blog, non ?

My real life

Mardi 12 juin 2007

Vous avez entendu parler de Second life ?

Oui, bien sûr. C’est une question naïve. C’est comme si je demandais : « vous avez lu Le Meilleur des monde ? » (si non, vous devriez, c’est de plus en plus de l’actualité brûlante).

Donc Second Life. Le matin, je conduis Mademoiselle Moizelle chez l’assistante maternelle et j’ai l’occasion d’écouter un peu la radio. C’est pile l’heure de l’actu cultu sur France Inter. Cette semaine, le feuilleton radiophonique est consacré à deux réalisateurs qui préparent un film dans Second Life. Les gens qui vous aident, ceux qui cherchent à y gagner de l’argent, ceux qui s’y rencontrent et se marient en suite dans la vie véritable, tout ça, tout ça.

Du coup, je me suis tout de suite prise au jeu. C’est tentant : ça a l’air fortement addictif. Coooool. Alors, voyons, qui je pourrais bien être dans une vie que je choisirais moi-même, dans une vie où je pourrais voler, voir à travers les murs, lire dans les esprits ? (Bon, ça je peux déjà : demandez un peu à Monsieur O, 6 ans).
J’ai laissé libre ma pensée, j’ai chevauché les rêves les plus fous et résultat : je me rends compte que je ne souhaite pas vivre une autre vie. Même mes échecs, mes failles, me sont chers et me constituent. Ce que je dois être sinistre en vrai, ça fait peur.

Ce qui m’étonne moins, c’est que finalement ce sont les autres (pas les miens, les autres) que j’aimerais changer. Je me questionne donc : est-ce la preuve d’une lucidité à toute épreuve ou d’un orgueil démesuré ? Un peu des deux, sans doute. Ce qu’il faut retenir, c’est une bonne nouvelle : j’aime ma vie, même si je ne refuserais pas d’être délestée des tracas domestiques. Je pense que c’est insuffisant pour se lancer à corps perdu dans une Second Life. Quoi que.

C’est un peu trop facile, Madame !

Lundi 11 juin 2007

« Parce que c’est un peu trop facile, Madame, vous comprenez, vous ne pouvez pas profiter de votre statut de mère d’enfant handicapé pour arrêter de travailler ! »

Tel quel. Si si, je vous assure, l’assistante sociale chargée du dossier de demande de complément AEEH*, m’a téléphoné personnellement pour me dire cela…

C’est vrai, j’exagère, j’abandonne un métier que j’aime, pour lequel j’ai fait de longues années d’études et pour lequel je suis payée relativement correctement pour me la couler douce à la maison, sans statut social, à m’occuper de mon fils autiste pour lequel aucune prise en charge efficace n’est prévue dans notre pays et profiter largement de ce que m’accorde royalement la CDAPH** pour vivre (sans protection de santé, ni points de retraite, of course). Ajoutez à cela la haute considération dans laquelle les honnêtes citoyens tiennent les « mères au foyer » (quelle horrible expression, autant se foutre au feu tout de suite).

Se débrouiller seule (ou avec les quelques personnes que l’on peut rencontrer et qui vivent des cas similaires : coucou les amis !) pour trouver ce qui ne va pas, comment aider au mieux, trouver les méthodes qui fonctionnent pour le rendre le plus autonome possible, voilà mon combat quotidien. Parce oui, il est possible d’arriver à une autonomie de vie et, pour tous ceux qui ne font que chiffrer la vie en terme d’argent, éviter ainsi les institutions d’accueil extrêmement coûteuses.

Cette charmante personne m’a indiqué que la commission décisionnaire ne prenait en compte que le temps que je devais passer avec mon petit garçon et que je ne passerais pas avec un enfant qui n’aurait pas de handicap. En gros, puisqu’il est à l’école de temps en temps, je pourrais parfaitement exercer une activité professionnelle. Il est si simple de trouver un employeur qui cherche quelqu’un de 9 h 30 à 11 30 les lundis et vendredi et de 14 h à 16 h les mardis et jeudis. Ah non, c’est vrai, je peux aussi travailler quand il dort : de 21 h à 23 h 30 (permettez que je dorme quand même cinq ou six longues heures par nuit…)
Sauf que. Sauf que lorsqu’il est à l’école, je me documente, je prépare le matériel et les exercices à faire avec lui lorsqu’il est présent. Sauf que lorsqu’il est rentré, je passe plusieurs heures avec lui pour faire ses devoirs officiels et les exercices supplémentaires que je lui soumets pour l’entraîner aux habilités sociales.J’ai toujours usé de beaucoup de pédagogie quand je le voyais en difficulté et ça, depuis sa naissance. Ça n’a pas empêché que les troubles du comportement aillent grandissant au fil du temps. Il y a énormément de facteurs extérieurs et intérieurs que nous ne maîtrisons pas et que nous ne pouvons pas maîtriser. J’ai toujours l’impression de monter des digues branlantes, soutenues par des contreforts de guingois, tout au long de son chemin pour qu’il puisse avancer sans s’écrouler dans les fossés. Et je sais que je ne suis pas la seule, loin de là.

Lorsque je lui ai fait la liste (non exhaustive, loin s’en faut) de ce que je fais dans la journée pour mon petit garçon, la charmante dame m’a simplement dit : « Si vous y tenez, vous pouvez déposer une demande, mais vous savez, il faut éviter de noyer la Commission sous les demandes (elle n’a pas osé ajouter « injustifiées » et « égoïstes »), ils sont débordés, ils ont tellement de travail… »

* Allocation d’éducation de l’enfant handicapé **Commission des droits et de l’autonomie des personnes handicapées. Rien que pour comprendre le fonctionnement, les sigles et apprendre le vocabulaire de l’administration, il en faut du temps…

Héroïne de série

Lundi 4 juin 2007

Je n’ai que jusqu’au 12 juin pour ranger les papiers stockés en pile depuis un an dans mon bureau, les classer et faire ma lettre d’amour au Trésor public… Il y a urgence… Je n’aurai pas trop des super pouvoirs de mes avatars supposés (dixit le site de tests consacrés).

Si j’en crois les analystes (qui ont un don, à n’en pas douter : obtenir un tel résultat à partir des subtiles questions posées), je suis un mix de :

  Héroïne de série dans Vie passionnante 35
xena (Xena la guerrière) : 72%
Dana Scully (X-Files) : 67%
Loïs Lane (Loïs et Clarck) : 65%
Ally mc Beal : 62%
Fran Fine (Une nounou d’enfer) : 60%
Carrie Bradshaw (Sex & the city) : 60%
Gabrielle Solis (Desperate Housewives) : 56%
Sue Helen (Dallas) : 53%

Quel héroïne de série télé es-tu ?

ET

  14 dans Vie passionnante
Mac Gyver : 79%
Rick Hunter : 71%
Hannibal Smith (Agence tous risques) : 70%
Cordell Walker (Walker Texas Ranger) : 69%
Mitch buchannon (Alerte à Malibu) : 68%
Al Bundy (Marié, 2 enfants) : 60%
Alf : 54%
Tony Mitchelli (Madame est servie) : 52%
Will Smith (Le prince de Bel-Air) : 52%
Joey (Friends) : 43%

Quel héros de série télé es-tu ?

Ce qui est mieux, pardon par avance à ceux qui ont obtenu ces résultats aux tests, qu’un mix de Sue Ellen et Alf. Enfin, ce n’est que mon avis…

PS du soir : Mr R. m’a dit texto « Xéna la guerrière ? C’est vrai, physiquement, tu as de nombreux points communs… » J’ai pris ça pour un compliment et je n’ai pas attendu son commentaire sur mes ressemblances avec Mac Gyver.