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Archive pour septembre 2007

Cache cache

Samedi 29 septembre 2007

Chez nous, on ne dirait pas comme ça quand on rentre dans la maison, mais c’est super bien classé dans l’ordinamoteur. Nous disposons d’un merveilleux disque dur externe (j’ai demandé, mais il paraît que non, ce n’est pas une excroissance naturelle du moniteur), fabuleusement partitionné par Mister R., celui qui sait le plus mieux partitionner les disques durs zé externes (source : Mister R.). Comme il connaît super bien l’alphabet, il les a appelé A, B, C, D, et ainsi de suite (« ainsi de suite » n’étant pas le nom du cinquième, si vous me suivez bien). Bon d’accord, je sais, il n’a pas pu choisir autre chose, c’est totalement injuste de ma part, mais ça me fait plaisir de me moquer et puis c’est un test pour voir s’il passe ici de temps en temps.

L’un des lecteurs de disque dur, le plus gros, est consacré aux jeux. Là sont conservés : les meilleurs attaques de pin bas (je sais que ça ne veut rien dire, mais c’est plaisant à écrire), les grattes pour mieux trouver comment récupérer des millions pour gagner à Sim City, l’emplacement exact de la clé rouillée qui, seule, peut te permettre d’accéder aux niveaux où tu peux flinguer tous les soldats nazis zombifiés (comme s’il y en avait d’autres types, franchement) et autres superpouvoirs méga cosmiques.

Un autre est consacré aux photos zé vidéos (oui je sais je l’ai déjà faite, mais j’aime le comique de répétition) familiales et ne fait donc rire que nous. Avant, nos photos amusaient également les préposés au développement des photos dans les labos, mais à présent que nous disposons d’un APN, nous gardons notre ridicule pour nous, c’est plus correct.

Un troisième est dédié à la musique. Comme l’Ipod que nous avons reçu en cadeau et que je n’ai vu qu’une fois, encore emballé, avant qu’il disparaisse à tout jamais de ma vue, dans la poche de mon alter ego. Mais il paraît que je ne me mets jamais d’écouteurs dans les oreilles parce qu’elles ne sont pas équipées pour et que ça justifie la spoliation. Attation, moi je dis, maintenant, on reconnaît le vol entre époux.

Un quatrième à la lourde charge de sauvegarder nos données pour le cas où notre PC planterait pour la Xe fois. Ici, c’est la guerre sauvage PC contre Mac. PC a gagné, mais Mac n’a pas dit son dernier mot, vu son physique avantageux et le nombre impressionnant de plantages de son adversaire.

Le cinquième, dédié à nos données personnelles, est joliment dénommé « travail_famille ». Ranavoir a priori avec les nazis zombifiés, mais on n’est pas tout à fait sûrs qu’ils n’ont pas passé un accord pour nous enduire régulièrement d’erreurs avant de nous rouler dans la farine en perdant exprès nos fichiers importants.

Tout ceci était donc une attaque en règle totalement gratuite. Si tu me lis un jour, mon mari aimé, je t’embrasse. Surtout que j’ai commencé ce post parce que j’étais à la recherche de photos que tu avais prises pour moi. J’ai dépouillé chaque lecteur de disque dur à main nue, mis la fonction « rechercher » sur le coup, déclenché l’alerte maximum. Tout ça pour me rendre compte que tu avais gentiment classé les fichiers dans le bon dossier, sur mon serveur. Mea culpa.

(M’enfin t’aurais quand même pu me prévenir…)

Coupure pub

Mercredi 26 septembre 2007

Je tarde un peu à poster, parce que j’essaie de trouver un sujet léger. Croyez moi, ça facile pas. Je suis cernée par l’armée lourde. « Quelques grammes de finesse dans un monde de brute » disait la publicité. Je ne sais plus laquelle. Ne me cherchez pas là-dessus, s’il vous plaît. Je fais de l’apnée du sommeil moi. Je risque Alzheimer tous les jours il paraît. J’ai beau aimer vivre dangereusement (quoique) c’est fort inquiétant cette histoire. Dès que j’aurai plus de 30 secondes d’affilée à me consacrer, il faudra que j’aille à l’hôpital me faire poser des capteurs.

Ok, ça me revient, c’est Lindt. Vous trouvez ça drôle ? Un petit défi alors ? Bon d’accord, ce n’est pas un sujet très léger. Enfin pour moi, mais ce sera l’objet d’une intervention ultérieure. Le jeu donc. Interdit de passer par Google ou autre biais trop de la triche. Seul votre cerveau pourra vous aider. On dirait un peu un slogan pour un concept émission entre « Koh Lanta » et « Question pour un champion ». Vous ne trouvez pas ? Non, vous ne trouvez pas… T’façon pouvez penser c’que vous voulez, je suis seule maître à bord (je mets aussi les féminins où je veux, nan mais).

Bon, top départ pour le jeu : trouvez le produit (nom et marque) mis en valeur par ce slogan publicitaire extrêmement pointu ou cette chansonnette également très pertinente (pas de musique, trop facile). Comme d’hab, rien à gagner, sauf mon admiration et ma reconnaissance éternelle pour avoir consacré quelques minutes de votre temps à me lire.

Attention, la séquence qui suit, extrêmement datée, peut choquer les esprits sensibles.

  1. « Les chevrons sauvages »
  2. « Les textiles modernes, c’est gai, c’est pratique… Qui pourrait s’en passer ? »
  3. « Si j’t'attrape, j’te mords »
  4. « La lessive poids lourd »
  5. « Buvez, éliminez »
  6. « On se souvient surtout du goût »
  7. « C’est ben vrai, ça »
  8. et pour finir, l’inénarrable : « Javel dire à tout le monde ».

 

Question subsidiaire (uniquement pour ceux qui ne me connaissent pas dans la vraie vie en dure, sinon, c’est trop facile) : quel est l’âge de la bloggeuse ?

Moi, j’aime les roses

Lundi 24 septembre 2007

Suite et peut-être fin de cette histoire de bulbes à l’école.

Je suis dans une colère folle et ça n’aide pas dans la vie quotidienne : je m’endors avec un bulbe à l’estomac, je me lève avec un bulbe à l’estomac, je déjeune avec un bulbe à l’estomac… bref, on ne se quitte plus, mon bulbe et moi. Je l’adopterais bien, mais c’est un poids dont je pense me passer pour mon bien. Et puis, je ne sais pas pourquoi, mais je commence à détester les bulbes de fleurs. A bas le bulbe, j’en ai plein le bulbe.

J’avais imprudemment annoncé dans un des commentaires que je ne démissionnerai pas parce que je ne veux pas abandonner la lutte. Finalement, au vu des réactions suscitées par cette affaire, je pense plutôt que je vais continuer à me battre, mais autrement. Je refuse de continuer à appartenir à un groupe où l’invective tient lieu de discussion et où la réflexion s’arrête à son propre paillasson. Nous ne sommes apparemment que deux à penser que nous défendons, au nom de l’association, des valeurs essentielles à l’école publique. Dans un moment où elle est mise à mal, il me semble important de lutter pied à pied. Si les parents d’élèves estiment que leur rôle s’arrête à trouver des financements pour les activités, il faut qu’ils cessent de se réclamer de la FCPE. Je vais donc m’inscrire sur les listes pour siéger aux conseils d’école, mais je les laisse organiser les fêtes de charité. Je leur souhaite bon courage, notamment pour trouver des volontaires pour prendre en charge les actions que les deux démissionnaires menaient quasiment seules : la mobilisation contre la fermeture ou pour l’ouverture de classe, les dossiers à préparer en vue des commissions vie scolaire, les relations avec les parents, la préparation des conseils d’école, l’information aux familles, la mise en place des démarches nationales ou locales en faveur des enfants…

Sur ce, je cours déplanter les quelques bulbes qui polluent mon jardin. J’ai besoin d’exercice physique…

Moi, j'aime les roses

 

Bulbe, bulbe, quand tu nous tiens… lieu de cerveau

Jeudi 20 septembre 2007

Mardi : réunion des directeurs d’école du groupe scolaire, suivie de l’assemblée générale des parents d’élèves, dont je suis. Pour l’occasion, bizutage à distance de la nouvelle directrice de l’école de mon fils par les autres enseignantes. Très contente de l’annonce qu’elle doit nous communiquer, c’est tout sourire qu’elle nous dit : « Pour financer en partie la classe de mer, nous allons lancer une opération « vente de bulbes » d’ici la fin du mois. Les enseignants s’impliqueront bénévolement dans cette action. » Je pense que si elle avait lancé une bombabouse au milieu de la salle, l’effet n’aurait pas été si grand. L’ambiance a été pourrie tout de suite. Et pour tout le monde. Ce qui m’étonne, c’est que sur quinze parents présents (et oui, sur près de six cents élèves, quel succès !) seuls deux, dont moi, ont réagi.

Je vous explique le principe : un producteur de plantes à bulbe hollandais a découvert un merveilleux filon. Plutôt que de payer des commerciaux pour vendre ses produits, il propose tout simplement aux écoles, contre récompense, de faire travailler gratuitement les enfants. La main d’oeuvre ainsi constituée, munie de catalogues et de bons de commande, est chargée de démarcher des clients et de vendre les bulbes. Ce qui constitue, en outre, une concurrence déloyale pour les commerces « tout pour votre jardin » des alentours. Si l’école a la chance de faire un chiffre d’affaire de plus de 20000 euros, elle récupère pour l’école 40 % du bénéfice plus un ballon, offert au meilleur vendeur pour motiver les troupes. Comme il ne faut pas abuser de la philantropie, l’école doit aussi régler les frais de livraison. Pour pénétrer ces lieux censés protéger les enfants d’une société de consommation abusive, l’entreprise a lancé une grande opération de parrainage. Je me demande qui a accepté de faire l’intermédiaire pour se couvrir de bulbes (pouah ! enfin, mieux vaut les bulbes que les bubons).

Question des parents d’élèves : « Personne ne vous a averti que cette opération, il y a quatre ans, avait entraîné une protestation des parents d’élèves ? »

Directrice : « Si, mais vous savez, cette année nous avons décidé qu’il n’y aurait pas de prime au meilleur vendeur (en gros, c’est donc elle qui garde les ballons). C’est pour les enfants, vous savez. Les enseignants sont bénévoles ».

Encore heureux ! En plus, les instits ont calculé (mal) que les parents impliqués dans l’affaire étaient tous partis faire de l’agitation au collège. Sauf qu’il en reste, des qui avaient à l’époque des enfants en maternelle, genre…

La plupart des parents, donc, n’a pas perçu l’énormité de la proposition. Un des parents, prétendant que l’affaire ne regardait que les parents de la classe, a tranché en disant que tout était réglé puisque ces derniers accepteraient. Le souci pour lui, c’est que mon fils est dans cette classe.

Non seulement je leur impose un enfant autiste dans l’école, et que même du coup aucun n’élève n’intègrera jamais une grande zécole tellement le niveau va zêtre nul, mais en plus je vais coller mon nez et mes pieds dans la prise de décision. Je sens que l’année va être chaude.

La semaine toute particulière

Mardi 18 septembre 2007

Je participe sans scrupule à la manifestation initiée par Bellzouzou et annoncée par Ashley sur son blog. Le seul souci en fait, c’est que j’ai déjà écrit un papier sur mon bronzage des pieds, sur la disparition de mon liquide vaisselle, sur l’héroïne de série que je serais si j’étais une héroïne de série, sur le superhéros que je serais si j’étais un superhéros… Je ne vois vraiment pas ce que je pourrais commettre de plus pour honorer la vacuité.

OK je force un peu ma nature et je vous édite la pensée la plus puissante de la semaine.

Pas trouvé.

Je vous livre donc deux citations qui concourent dans plusieurs catégories à la fois
(non, je n’ai pas honte de profiter du talent des autres pour dire des conneries, j’ai simplement peur d’épuiser le mien) :

« S’il fallait tolérer aux autres tout ce qu’on se permet à soi-même, la vie ne serait plus tenable. » Georges Courteline (tuyauté éhontément par Charles Pasqua)

« Une Constitution doit être courte et obscure. » Talleyrand (précepteur de Valéry Giscard d’Estaing)

Une dernière pour finir en beauté :

« Voici que s’avance l’immobilisme et nous ne savons pas comment l’arrêter. » Edgar Faure

La télévision joue le jeu, des fois

Jeudi 13 septembre 2007

Si vous préférez que l’on trie les citoyens et que l’on mette les gens différents à l’écart pour qu’ils ne gâchent pas la vue,

Si vous choisissez de changer votre enfant d’école pour qu’il ne soit pas dans la classe d’élèves moins favorisés par la vie qui risquent de retarder ses progrès scolaires,

Si vous acceptez comme une chose normale que l’on détruise chimiquement le cerveau et le corps d’êtres humains afin qu’ils soient supportables en société,

Si vous pensez que le service public de santé coûte trop cher et qu’il vaut mieux réduire son budget pour financer des boucliers fiscaux pour les plus riches,

Si vous pensez qu’aucune cause ne vaille qu’on lui sacrifie un peu de son temps libre,

Si vous pleurez devant Plus belle la vie et que les nouvelles du monde vous laissent indifférents,

Si vous êtes persuadés que la psychiatrie française est au top niveau,

Si les dernières lois sur le handicap vous semblent suffire à changer radicalement la vie des personnes en situation de handicap,

Si vous cultivez le culte du corps et de la perfection,

Si vous préférez assister au lynchage en direct de jeunes gens plein d’espoir,

Regardez une autre chaîne.

En revanche, si aucune des propositions ci-dessus ne vous concerne, prenez le temps, demain soir, de visionner sur France 3 le fim de Sandrine Bonnaire, Elle s’appelle Sabine.

Et ne croyez pas que mes combats se limitent à la condition des personnes handicapées… Trop facile, vous ne vous en tirerez pas comme ça. J’en ai plein d’autres en réserve.

Et là, bien sûr, difficile de trouver une chute rigolote. Une devinette peut-être ? Allons y.

Je suis un grand philosophe du xxe siècle disparu trop tôt.

J’ai proclamé : Dieu a dit :  » Il y aura des hommes blancs, il y aura des hommes noirs, il y aura des hommes grands, il y aura des hommes petits, il y aura des hommes beaux, il y aura des hommes moches et tous seront égaux, mais ce sera pas facile ! »
Et puis il a dit :  » Y en a même qui seront noirs, petits et moches et pour eux ça sera très dur ! ».

Qui suis-je ?

Edit de 13 h 52 :
Je me ravise. Pas d’intolérance. A bas l’exclusion. Finalement, même si vous vous reconnaissez dans les dix premières propositions, regardez le documentaire. Je vous assure, c’est pour votre bien.

Pourquoi je ne me suis pas inscrite au FFC

Mardi 11 septembre 2007

J’ai reçu vendredi soir un appel des plus incongrus. Un type totalement inconnu m’a appelé de la part d’une Madame X pour me faire une proposition qu’il ne semblait pas imaginer un seul instant que je puisse refuser. Pour lui faire plaisir, j’ai accepté. Parce que je suis poliche. Ouiche.
« Vous connaissez bien Madame X ?
- oui
- et elle ne vous a pas parlé de moi ?
- non. »
Et bien, figurez vous, ça ne l’a pas démonté le moins du monde, le gars. Il a continué à me donner du Aphykit long comme le bras pendant quelques minutes et j’ai fini par lui accorder un entretien. Plus tard, Mister R. m’a avoué qu’il était au courant, mais qu’il avait totalement oublié de m’en parler. J’aurais bien aimé qu’il y pense. J’aurais eu l’air un peu moins cruche au téléphone. Peut-être.
Bon. Mettons fin sans plus tarder à ce suspens insupportable : le FFC, ce ne sont ni les Forces françaises de la connerie ni le Foutriquet foutbal club, c’est le nom d’un club de fitness que même ils prétendent être les premiers d’Europe. Du monde, j’aurais dit, moi, si quelqu’un m’avait demandé mon avis. D’Europe, d’emblée, ça fait petit joueur ou timide. Dans la vie, faut oser, que diable. En plus, je ne pense pas que qui que ce soit ait l’idée saugrenue de vérifier la véracité de l’annonce. Même pas moi, c’est dire. Bon d’accord, j’ai essayé, mais je n’ai pas eu le temps nécessaire. Tant pis.

Donc, club de fitness ce lundi matin. Accueil dans de joulis fauteuils confortables, présentation du bar (gratuit), de la vidéothèque (gratuite), conversation légère, bref l’impression qu’ils n’attendaient que moi et que nous sommes vraiment faits pour nous entendre, le banquier du propriétaire de la boîte, mon chéquier et moi. Puis visite des lieux : le plateau machines, les ateliers de travail plus confidentiels, la salle de cours collectif et les vestiaires, que mon nouvel ami m’a laissé visiter seule, parce que cet endroit n’est pas mixte. Mais non. Là tout n’est que luxe, calme et volupté. Mobilier en bois, coiffeuses et miroirs disposés afin de créer l’impression de petits espaces privés, douches multifonctions avec savon à disposition, une ou deux « change cabines » pour les quelques pudibondes qui traîneraient dans le coin, sauna, hammam, salle UV… Bref, le lusque.

A la suite de quoi, changeage en annonce publicitaire pour une grande marque d’articles de sport et hop, sur les machines. Face à nous, sept postes de télévision allumés (sur sept chaînes différentes, z’ont oublié d’être bête dans ce club, c’est dingue). Pour que personne ne se doute que tu es en train de regarder les Feux de l’amour sur la une alors que tu fais semblant de regarder le reportage animalier passionnant de la chaîne autoproclamée du savoir, tu es doté d’un casque. Je vous laisse à présent visualiser la scène : une trentaine de personnes en train de suer sur des machines très très chères en regardant tous dans la même direction un écran de télé, certainement pour oublier qu’ils perdent leur temps à faire du sport alors qu’il y a tant de choses intéressantes, utiles, motivantes à faire à l’extérieur. C’est intéressant pour un sociologue, mais c’est consternant pour tout une chacune. En même temps, vu le prix de l’abonnement que l’on m’a annoncé par la suite, on est entre soi. C’est rassurant.

Après la douche revigorante, rencontre du directeur de la salle. Mon ami du début était occupé à ferrer de nouveaux poissons frétillants et c’est donc le boss qui s’est chargé de m’achever. Rigoulade, présentation des formules, annonce des prix. Cher. Je m’en doutais un peu. Si je signe et que je fais le chèque tout de suite, c’est beaucoup moins cher. Je m’en doutais aussi. Ce qui m’a achevé, en fait, c’est le ton imperturbable qu’il a pris pour m’annoncer que s’il conseillait la formule d’engagement 12 mois plutôt que la formule 3 mois, c’est uniquement parce qu’il se préoccupait de la santé des gens. Une telle générosité, un tel désintéressement, j’avoue, ça m’a bluffé !

Quand je pense qu’il y en a qui désespèrent du genre humain… On voit qu’ils ne fréquentent pas les clubs de fitness.

C’est la rentrée : correction

Vendredi 7 septembre 2007

Résultats du test.

Les phrases à décoder étaient : Régimes spéciaux de retraite : le plan d’action de Nicolas Sarkozy. Selon nos informations, la négociation devrait avoir lieu au niveau des entreprises concernées, pour éviter une concertation globale.

Il fallait lire : Registre spectrographique de rétribution : le planétarium d’actualité d’Albert Sarraut. Selon nos infules, la nénette dialectiserait au nô des énumérations concrétisées, pour exaucer une concierge glottale.

Ce qui est tout de même beaucoup plus clair.

Je trouve.

Mais si.

En résumé, nous avons pu lire sur les bandelettes sacrées qui ceignaient le front des victimes sacrifiées sur l’autel de la spéculation que la femme de notre président, amatrice de drames lyriques japonais, a dialogué pendant plusieurs heures, et dans son dialecte s’il vous plaît, avec le responsable du planétarium (qui compte les étoiles afin de les énumérer par la suite, suivez s’il vous plaît), pour faire libérer une gardienne d’immeuble opérée des cordes vocales retenue prisonnière en raison de ses fortes exigences en matière salariale.

Si, moi je vous dit, ça c’est clair. Ça nous change du charabia qu’on nous sert tous les jours d’un air entendu dans les médias.

C’est la rentrée : révisions

Jeudi 6 septembre 2007

La rentrée, c’est pas cool quand t’es enfant, mais c’est pas cool non plus quand tu es parent d’élève et que tu dois soutenir les enseignants dans l’épreuve de rentrée, catégorie « obtention d’un poste supplémentaire ». Je pense que ça vaut un bon triathlon.

Du coup, je n’ai pas beaucoup de temps et je vous propose donc de réviser les acquis de l’année dernière.

Premier exercice.
Traduisez en Np+7, A+7, Sf+7, Sm+7, V+7 les phrases suivantes (une du journal Le Monde
du jour) :

Régimes spéciaux de retraite : le plan d’action de Nicolas Sarkozy. Selon nos informations, la négociation devrait avoir lieu au niveau des entreprises concernées, pour éviter une concertation globale.

Le journal des bonnes nouvelles

Dimanche 2 septembre 2007

Le matin, souvent, je m’étrangle en buvant mon thé. Pourtant, le thé n’est pas en cause.

C’est ma faute, c’est ma faute, c’est ma très grande faute, je l’avoue : je me suis abonnée à un journal quotidien. Pas Le Monde ou Libé, hein, parce ce n’est pas là, même en cherchant longtemps, que je trouverai le menu de la cantine ou le nom de la grande gagnante des jardins fleuris de la ville, nouvelles essentielles et primordiales, tu me l’accorderas sans doute et sans peine cher lecteur.

Bon. Le problème, les problèmes devrais-je écrire, d’ailleurs je l’écris, les problèmes principaux sont les suivants : le plus souvent, c’est écrit avec le pied (malgré tout le respect que je dois aux pieds) et la ligne éditoriale est à gerber. De ce dernier point découle toute une série de conséquences, notamment la sélection, la hiérarchie et le traitement des sujets, qui contribuent à faire que tout conspire à me nuire et à nuire à la sécurité à laquelle j’aspire en prenant mon petit déjeuner.

Prenons l’édition du jour. Je passe les premières pages sur les états d’âme des jouors de rudgeby et de leur ministre-actionnaire de casini-entraîneur. Pas de faux procès, s’il vous plaît, je n’ai rien contre le rugby et ceux qui aiment le rugby (sauf peut-être une orthographe un peu tirée par les cheveux, si vous me permettez cette remarque). Je passe donc directement aux pages « sujets mineurs et futiles traités en quelques lignes » et je tombe sur « le » sujet anti-glamour au possible : la pauvreté en France (oublions tout de suite la pauvreté dans le monde, c’est vraiment trop peu sexy et en plus ça concerne des étrangers). Résultat d’une enquête de l’INSEE, dont on sait déjà que l’indice des prix est hautement contesté : plus de 17 % des Français sont pauvres. Pauvres. Pauvres comme la dame que j’ai vue au supermarché avec son petit garçon et qui avait réussi à acheter les pâtes premier prix, le riz premier prix, le lait premier prix, les oeufs premier prix… et extra de chez extra, le seul grand lusque de ses emplettes : le soda premier prix pour son piti garçon. Le souci c’est qu’elle avait mal calculé (et oui, les pauvres, c’est nul en math, c’est bien connu) et qu’il lui manquait quelques centimes pour payer ses courses (en liquide). Le piti garçon a accepté de laisser le soda.

Alors là, en général, les gens bien pensant disent : « oui, mais il faut faire des choix, si ça se trouve chez elle, elle a une super télé et un lecteur DVD ». Si ça se trouve en plus elle a un compte planqué en Suisse à mon avis. C’est vrai ça de nos jours, les gens ont le choix : manger ou se loger, se chauffer ou acheter des chaussures… Cool. En plus ça les occupe de cogiter et comme ça ils ne s’ennuient pas dans leurs 7 m2 à tourner en rond. Moi zaussi j’ai fait un choix : je suis abonnée à un journal régional au lieu de l’être à un que je préfèrerais lire à plus d’un titre (ouah le jeu de mots trop super).

Ici, l’avantage, c’est que c’est mon blog, alors je dis ce que je veux et ça me soulage. OK, je me lance : l’encensement de la performance, le mépris généralisé pour les autres, l’indifférence, le culte de la « réussite » à tout prix, la soumission à l’argent, ça me fait gerber et picétou. J’ai été soft, hein, vous ne trouvez pas ? Ben je vous le dis, j’ai été soft. Mais je pense revenir de temps en temps vous entretenir de mes sujets de prédilection. Z’êtes prévenus. Fuyez.

Et puis tiens, c’est décidé, comme il paraît que M. Dassault veut faire du Figaro un journal des bonnes nouvelles, je vais peut-être m’y abonner. Enfin en réfléchissant un peu, finalement, ça ne va sûrement rien changer à ma détestation pour ce journal.

Je vous laisse, je vais m’entraîner à défiler pour les prochaines manif en faisant mien le slogan de Jules Renard : « Si l’argent ne fait pas le bonheur, rendez le ! »