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Archive pour octobre 2007

L’Empreinte

Lundi 22 octobre 2007

Comment ai-je pu passer à côté ? Rater grossièrement un truc qui pourrait parler de pied ? J’ai dit pourrait, hein, je suis parfaitement au courant que beaucoup, beaucoup d’autres choses peuvent laisser des empreintes : le fessier dans le sable, la taie d’oreiller sur le visage, la bouche sur une oeuvre d’art, la carte bleue après passage dans le sabot…

Je plaisante : c’est une légende. Le développement durable m’intéresse au moins autant, sinon plus, que les pieds. Merci donc au Papa de Sigmund de m’avoir fait découvrir un moyen définitif de me saper le moral (ça tombe bien, j’en manquais en ce moment, la vie est trop fun) : le calcul de mon empreinte écologique ou comment prendre conscience que l’on est responsable et coupable pour les siècles des siècles, amen.

Je n’ai pas d’activité rémunérée. Remarquez bien, je n’ai pas écrit : « je n’ai pas de travail ». On se demande bien pourquoi. Comme je suis donc une feignasse qui se prélasse, j’ai le temps de me poser des questions importantes tout au long de la journée. Quelques exemples :

Pour m’essuyer les mains lorsque je suis amenée à les laver dans un lieu public, dois-je utiliser

  • une serviette en papier, sachant que le papier, même s’il est recyclé, c’est quand même de la pollution (fabrication, traitement, retraitement, incinération)
  • le sèche-mains électrique, qui n’est pas neutre non plus
  • mon pantalon, sachant que de toute façon je vais y venir puisque pas moyen de se sécher les mains correctement dans un lieu si fréquenté. La question est donc : pantalon juste humide ou complètement trempé ?

Mes enfants boivent de l’eau, mais comme nous ne sommes pas une famille intégriste, ils ont le droit, de temps en temps, de (attention, tadam, roulement de tambour) boire du soda. Ce n’est pas extraordinaire, une révélation pareille ? A partir de là, la question se pose :

  • acheter une grande bouteille, parce que les grands conditionnements, c’est bien connu, c’est meilleur pour l’environnement, mais en jeter la moitié ou forcer les enfants à boire 1,5 litre alors que 20 cl chacun leur suffit et du coup ne plus respecter la bible du PNNS à laquelle nous jurons chaque matin fidélité, même si ça oblige à manger du chou
  • acheter des canettes ou mieux des petites bouteilles (c’est plus joli, le soda est meilleur et le verre est 100% recyclable), mais pas souvent parce que ça coûte un max
  • fabriquer soi-même son soda avec le reste de betterave que les zaffreux n’ont pas voulu manger, violant ainsi allègrement leur pacte PNNS, parce que « c’est paaaas boooon ».

Ma vie n’est qu’une suite de questionnements existentiels.

C’est donc avec le doigt assuré que j’ai cliqué sur le lien qui devait m’amener à une remise en question importante.

J’ai trouvé d’emblée que ça commençait mal : à la première réponse, je me suis retrouvée dans la tranche des 36-50 ans, ratant de peu la section 21-35. Serait-ce à dire que l’on pollue plus lorsqu’on vieillit ? Ou, au contraire, que l’on pollue moins ? Et que la limite se situe à 35 ans et 6 mois ? Pour être sûre, j’ai refait le test en mentant sur mon âge vénérable. Je suis rassurée, ça n’a rien changé. J’en ai déduit finement que ça devait être une donnée statistique de fréquentation du site. Je ne suis pas détective amateur pour rien !

Je vous épargne la longue liste de mes questionnements au cours de ce test et je passe directement au résultat : 2,6. C’est à dire qu’il me faudrait 1,4 planètes pour vivre si je continue sur ma lancée. Je me sens moyennement coupable, remarquez, parce que les GO du site ont aimablement indiqué la moyenne nationale, soit 5,3. Ben quand même, je crois que je vais devenir végétarienne, même si je ne mangeais déjà pas beaucoup de viande, et puis, surtout, je vais arrêter de me laver les mains. Ou uniquement avec du sable. Ça tombe bien, j’habite pas loin d’une plage (environ 30 minutes à pied) et le peeling, ça rend la peau plus douce.

Comment se faire des amis ?

Jeudi 18 octobre 2007

Entre mon fils aîné et moi, il y a une entente tacite : je suis censée lui faire comprendre les relations sociales pour qu’il soit moins perdu dans notre société si prompte à la tolérance et à l’altruisme. Pour qui me connaît, savoir que je suis érigée en professeur de lien social, c’est risible. Bon OK, mais moi, je suis d’entre nous deux celle qui n’est pas autiste. C’est donc bien moi qui ait le plus de compétences en la matière… Et toc.

Aujourd’hui, jour propice à la leçon « comment se faire des amis ». Premièrement, s’équiper une tenue de haute protection, surtout sur la tête. Deuxièmement, fabriquer une pancarte « je soutiens la grève » (c’est bon aussi pour la psychomotricité fine, c’est toujours ça de pris). Troisièmement, descendre dans une gare de proche banlieue parisienne vers 7 h ou 8 h du mat (histoire de montrer qu’on fait également partie de la France qui se lève tôt) et brandir bien haut son panonceau.

Là, clairement, je dirais qu’il y a maltraitance. Du coup, je vais essuyer les plâtres moi-même, pour qu’on ne m’accuse pas d’instrumentaliser mon doux enfant au regard innocent. Je vais donc vous exposer en quelques points pourquoi je ne râle pas contre les grévistes. J’évite ainsi la saturation de la boîte à com de la pourfendeuse de grévistes en chef du moment. De rien, c’est naturel que je reçoive la réprobation générale, voire la natème (je sais que ça ne s’écrit pas comme ça, mais je le préfère ainsi pasque ça rime avec crème. Comment ça, anathème aussi ?), sur mon propre blog.

Bon zalors je n’ai pas le temps de bien argumenter en trois parties et trois sous parties (deux de chaque pour les étudiants en droit), mais je complèterai au besoin si la discussion s’engage… Je fais donc bref.

1) Je pense qu’il est nécessaire de repenser le système de retraite, mais

2) Je suis persuadée que tous les emplois ne se valent pas en terme de fatigue et d’usure. Il me paraît donc normal que des régimes spéciaux de retraite existent.

3) Je trouve normal que des gens qui ont été engagés sur des conditions de travail données voient leur contrat de travail honoré par leur employeur, surtout si lesdites conditions ne sont pas extravagantes, comme quinze millions en stock-options avec possibilité de délit d’initié (enfin là je divague, ça ne peut pas exister).

4) Que les emplois aient changé depuis quelques années ne fait pas de doute. Il serait donc plus constructif d’étudier quelles professions aujourd’hui devraient bénéficier de telles dispositions. Or je n’ai pas entendu parler de négociations en ce sens. Le projet de loi est prévu pour annuler tous les régimes spéciaux et pour aligner tous les secteurs sur un même système, ce qui est beaucoup plus facile ensuite, pour, dans un second temps, modifier d’un coup l’ensemble et favoriser les assurances privées qui n’attendaient que ce marché juteux pour remercier leur grand ami. Le souci, c’est que vu le pouvoir d’achat moyen actuel, je ne connais pas beaucoup de gens qui pourront cotiser pour leur retraite. Nous verrons bientôt nos vénérables ancêtres au travail ou à mendier jusqu’à la mort pendant que d’autres joueront au golf en épuisant nos dernières ressources d’eau potable pour arroser leurs greens. Ou encore, (je vais encore me faire des amis) les enfants des baby-boomers s’épuiser au travail pour financer les retraites (à raison d’un salarié cotisant pour un retraité) sans pouvoir jamais escompter un jour avoir le droit de s’arrêter.

5) Les entreprises privées, le MEDEF en particulier, ont beau jeu d’avancer les 40 ans de cotisations et la retraite à 60 ans alors que presque tous les seniors sont licenciés avant ce bel âge et que c’est l’ASSEDIC qui complète les années dues pour bénéficier de la pension. La moyenne de départ en retraite dans le privé est de 56 – 57 ans. Le reste, puisque les pauvres dirigeants de grosses entreprises ne peuvent l’assumer, est pris en charge par la collectivité, donc. On prône ici l’égalité, mais l’égalité, sans la justice, n’est qu’une arme de plus pour l’asservissement des peuples. Imaginez que tout le monde paie le même impôt, quel que soit son niveau de revenu, genre 600 euros pour tout le monde, le Rmiste comme le millionnaire ? Ça existe ? Mais oui, c’est vrai, ça existe : la TVA, ça s’appelle. Bientôt, pour que ça fasse plus chic, on dira même TVA sociale. Cool, c’est ça le progrès !

6) Il s’agit clairement depuis quelques années de nous désigner un bouc émissaire donné, en l’occurrence la fonction publique parce que l’immigration et les zétrangers on peut un piti peu mais trop c’est interdit. Je ne suis pas adepte, loin s’en faut de la théorie du complot, mais la mesure annoncée fait partie d’un programme global de réforme de la société vers un demain qui sent mauvais (à mon nez, hein, c’est une opinion personnelle là encore). La dépénalisation du droit des affaires, le bouclier fiscal, le quota de reconduite à la frontière, le fichage, la répression à tout va et la fin de la prévention en font notamment partie. Le tout est soigneusement préemballé dans du choli papier doré qu’il est très difficile d’oublier tellement il éblouit (c’est rigolo à répéter comme phrase. Non ? Non). Comment peut-on faire croire aux gens que l’on va réduire de moitié la fonction publique et que tout ira beaucoup mieux qu’avant, alors que lorsque la moitié des fonctionnaires du transport ne travaille pas, tout déraille ? Impossible ? Impossible n’est pas Sar*ko, apparemment…

Alors, oué, la grève, ça fait suer, mais si ça ne dérange pas, une grève, ça ne sert à rien. Yakavouar les grèves d’étudiants… Le problème, c’est que ça risque de braquer les concitoyens. Ou alors, faisons comme certains gros propriétaires terriens en colère : mettons le feu à des monuments historiques ou à des préfectures. Apparemment, pas de retombées judiciaires, même pas un petit prélèvement ADN. Tout le monde a l’air de trouver ça parfaitement normal…

Une petite touche culturelle pour terminer : lisez, si vous ne l’avez pas encore fait, l’excellente BD V pour Vendetta (ou le film pour ceux qui préfèrent les images qui bougent). On y voit comment, à force d’accepter ce qui paraît de petits renoncements à la liberté, à la justice, aux droits de l’homme, on en arrive à une société dénuée d’âme.

Si je compte bien, j’ai dû me mettre à dos la quasi totalité de mes compatriotes, pas mal pour un jeudi.

Ce n’est pas mon genre de râler, alors je ne fais pas plus et demain je parle de chocolat et du jouli nhirocéros que j’ai vu dans les nuages aujourd’hui.

qrscfsrehè-(à@ !

Mardi 16 octobre 2007

Message à l’attention de MM. Puieazori, zeizoiejnfjie, hujduiejdu, wvxbwve, fiileojfohe et autres leoiukjehrohsdh.

Messieurs,

J’accuse, par la présente, réception de vos messages sur mon blog unipersonnel à responsabilité limitée. Je comprends que vous souhaitiez faire entendre votre voix par le biais de cet amplificateur d’opinion réputé dans le monde entier et plus si affinités. Vous devez vous sentir bien seuls pour tenter aussi souvent d’entrer en contact avec moi. Je m’aperçois également que la langue doit être un barrage supplémentaire pour votre socialisation, puisque vous réagissez principalement sur les posts qui incluent quelques mots d’anglais. Je tiens toutefois à porter à votre connaissance la faiblitude extrême de mes aptitudes dans la langue de Bush (pas l’Australien, l’Etatsunien), même si je suis réputée capable d’avaler un bretzel sans m’étouffer et ce, grâce à un entraînement de tous les instants.

Vos commentaires sont certainement d’un intérêt extraordinaire pour l’avenir de l’humanité et le prochain bouquin de Karl. Je me vois cependant contrainte de vous avertir que mon ordinamoteur est doté par obligation d’une frontière extrêmement bien gardée par la brigade anti-spam. Nous vivons à présent dans un pays où la fantaisie est particulièrement mal vue, surtout depuis quelques mois. Les projets originaux qui consistent à vouloir modifier des éléments anatomiques, notamment, sont rejetés sans discussion possible. Je suis moi-même fichée et surveillée en raison des propos subversifs que j’ose parfois tenir sur ce dernier espace de liberté. Ceux sur le bronzage des pieds non réglementaire et sur le grand guru de la pensée moderne, Karl, ont été censurés. Je suis à présent contrainte d’utiliser un code secret pour faire entendre ma voix. Malgré ma bonne volonté, je ne puis répondre favorablement à vos demandes d’accès. Voilà pourquoi je vous suggère de vous adresser à des interlocuteurs qui, en plus de comprendre votre langue, pourraient être intéressés par vos propositions.

En espérant que vous trouverez rapidement un débouché pour vos produits, je vous prie d’agréer, Messieurs, l’assurance de ma haute considération.

Aphykit

La tentation selon saint Guidon*

Lundi 15 octobre 2007

Des fois, franchement, je culpabilise un max.

Ils se mettent en quatre (ou à douze) pour me faire plaisir et je les boude… Ils me parlent de voyage, de rêve, d’évasion et je les ignore.

La Re*doute me promet ainsi dix jours de bonheur. Alors je cherche, je cherche sous le site, tous les moments de bonheur. Je ne trouve que « Femme », « Lingerie », « Fille », « Garçon », « Homme », « Linge de maison », « Grandes tailles », « Marques mode ». C’est évident, je suis heureuse d’être une femme, heureuse avec (ma) fille, (mes) garçons, (mon) homme… (j’utilise le possessif uniquement pour identifier clairement les personnes évoquées, qu’on ne se dise pas que je suis heureuse avec tous les hommes, toutes les filles, tous les garçons…). J’avoue cependant que ma lingerie ou mon linge de maison me laissent un peu indifférente. Pourtant, je m’affiche clairement pour le respect et la diversité. Suis-je normale ?

Une chance avec le « bonheur du jour surprise » ? Déception : jusqu’à 30% sur l’électroménager. Vert Ba*udet surenchérit en m’offrant les frais de livraison. Est-ce à dire qu’ils ne vont pas payer le livreur ? Han, le pauvre. A sa place, je ferais grève, quand même.

Edit du 16 octobre : Désespoir. La Déroute, qui n’a jamais aussi bien porté son nom, m’annonce que les petits bonheurs ne sont pas éternels… Misère.

*Merci à la vulgarisation en ligne. Clique ici.

Trop mode

Mardi 9 octobre 2007

Jamais je n’aurais cru partager autant de choses avec Karl Lagerfeld.

Non, sans rire, a priori Karl Lagerfeld est à des années lumières de moi, et bien, pourtant, contre toute attente, même avec lui j’ai des points communs. Si si. Et même des points communs qui vont au-delà du simple fait d’être des humains, surtout moi.

Il est passé à la tévé et, étrangement, ce jour-là, j’ai pu consacrer quelques secondes à le regarder et à l’écouter. Quelques secondes, c’est à dire 5 ou 6, hein, faut pas exagérer. Point trop n’en faut. Je n’ai déjà pas le temps de regarder des trucs intéressants, alors une icône de la mode jetsetteuse, pensez ! Et puis 5 ou 6 secondes pour comprendre le personnage, c’est largement suffisant, je trouve. Même si on le regarde d’une oreille distraite.

D’une, il a le cheveu nettement blanc. Lui assume, c’est son affaire. Moi, depuis que j’ai évoqué la possibilité d’un début d’arrêt de teinture avec mon coiffeur et que je me suis entendue dire : « quelle horreur, ça va être aaaaffffreux ! Vos cheveux ne sont pas assez beaux pour ça, vous savez », je garde ma bouche soigneusement fermée sur la question.

De deux, quand le journaliste lui a demandé si ça le dérangeait qu’on le trouve arrogant, il a répondu : « non ». Si ça, ce n’est pas le comble de l’arrogance ! Pareil pour moi, je suis arrogante et je le prouve. Quand on me demande si ça me dérange qu’on me suppose trop moche avec les cheveux blancs, je répond : « non ».

De trois, il a répondu sur la question de l’autoritarisme qu’on lui suppose : « à un moment, il faut bien que quelqu’un prenne les décisions qui s’imposent. J’aime quand les choses roulent ». Là encore, pareil. Moi zaussi je prends les décisions et j’aime quand les choses roulent. C’est pour ça que j’ai pris rendez-vous jeudi chez mon garagiste préféré, celui qui ne prétend pas que je dois absolument faire trois millions de travaux sur mon véhicule, sinon il est bon pour la casse. Je sais, c’était un peu trop attendu, mais c’est pour me mettre à niveau du reste du monde (ça c’est pour l’arrogance). De la même façon, c’est moi qui décide de ce que les enfants mangent, des fois. C’est de moins en moins vrai, mais je me venge sur le chat : elle, au moins, elle ne sait pas remplir sa gamelle toute seule. Quand elle a faim, elle fait moins sa maline, non mais.

De quatre, si lui pense donner le la de la tendance, moi j’élève mes zonfants dans le culte de l’élégance et du bon goût.

De cinq, lui aussi pense qu’il n’a plus de colonne vertébrale : il est obligé de mettre des tuteurs tout autour de son cou gracile. J’avais longtemps cru que cet élément essentiel de mon maintien avait été capturé par des preneurs d’otages, mais comme je n’ai jamais reçu de demande de rançon, j’en avais déduit qu’elle avait fait une fugue. Elle a fini par me donner de ses nouvelles dernièrement, essentiellement par le biais de messages douloureux. Je ne sais pas ce qui lui est arrivé pendant ses vacances, à présent, elle est toute tordue… D’ici que je sois obligée de me faire poser des tuteurs, moi aussi…

Fashion victim

Vendredi 5 octobre 2007

J’ai beau dire, j’ai beau faire, il semble que ma fille ait décidé de s’opposer systématiquement à moi.

Dernier comportement remarqué : choisir un modèle et le suivre en tout. Comme vous pouvez le constater, elle a opté pour la Ashley attitude, option « faire rire, en cinq points« .

Sans plus attendre, la recette :

Prenez un bébé douché, séché, banalement vêtu d’une couche, d’un body et d’un pyjama vert tendre doté d’un superbe nounours sur le ventre. Laissez le en totale liberté quelques minutes. Et c’est tout. Simplissime n’est-il pas ?

Fashionista

Résultat en cinq points :
1/ Bas du pyjama retiré
2/ Jambes pyjamesques pendouillantes
3/ Chaussettes rose fushia du plus bel effet
4/ Sandalettes de plage vert anis
5/ Sourire provoquant

Surtout laisser exiger de rester ainsi accoutrée toute la soirée et de dormir avec les sandalettes. Au besoin laisser menacer le dépositaire du bon goût d’une fourchette rageuse.

Ne me demandez pas comment à 21 mois, elle a eu accès au site subversif d’Ashley. Je m’attends à tout avec les enfants. Elle a déjà un comportement suspect dans les magasins. D’ici qu’elle commence bientôt les gratins de rats…

I did it

Mercredi 3 octobre 2007

Oui, ben moi, je l’ai fait. J’ai signé. Je me désolidarise totalement encore une fois, décidément, des décisions des genss qui ont été élus pour décider de choses importantes à notre place (non ce n’est pas un concours à la phrase qui contient le plus de « d ». Si ç’avait été le cas, j’en aurais mis plus).

Ce n’est pas comme si j’avais voulu qu’ils soient là. Pas du tout du tout. J’ai même fait tout ce que je pouvais pour qu’ils n’y soient pas. L’adage ment et ce n’est pas beau… La blanche colombe (aphykit, coin gauche, casaque fleurie) a perdu contre la bave du crapaud (crapaud, coin droit, casaque brune), crapaud qui, pourtant, n’avait même pas pris la peine de se transformer en prince charmant (ou peut-être que personne n’avait voulu l’embrasser, il y a des limites à tout). Tous ceux à qui j’ai parlé depuis avril dernier ne pourront pas dire que je ne les avais pas prévenus. Je m’y attendais donc. Enfin m’attendais-je à une telle chose ? Peut-on s’y attendre ? Moi je dis voui à sang pour sang. On pouvait s’y attendre, ne soyons pas naïfs.

Ce coup ci, je ne me mets même pas en colère. C’est pire. J’ai froid dans le dos. J’ai glacé dans le dos.

Je vous mets juste le lien. Allez-y voir, on y est en bonne compagnie.

http://www.touchepasamonadn.com/

Bonne nuit à ceux qui peuvent encore dormir…

Ah oui, j’oubliai une chose : on dit ici ou là que les législateurs ont rendu la loi inapplicable pour pouvoir la faire voter (ah ! ce que Coluche me manque : plus personne n’a l’air de réagir à une telle énormité). Ça n’efface pas la tache. C’est une tache hautement corrosive qui risque de percer tout le système. C’est le genre de tache contre laquelle même le savon au fiel ne peut rien. C’est le genre de tache qui ne doit pas exister.

 

Matin chagrin

Mardi 2 octobre 2007

Je sais, je l’ai déjà dit, notamment ici, mais je le répète volontiers car je n’ai cure de lasser : le matin, j’écoute la radio. Pas que le matin, d’ailleurs, un peu dès que c’est possible. J’écoute la radio. Pas n’importe quelle station. Je suis un peu sélective dans mes choix. D’une, j’aime les radios où l’on cause. Deux, j’aime les radios où l’on cause intelligemment. En gros, j’écoute essentiellement Radio France. Pas de levée de boucliers, s’il vous plaît, je sais qu’il existe d’autres radios où l’on cause intelligemment et qu’on crève parfois le plafond de la bêtise sur le service public. Mais je n’ai pas trop le temps de flâner sur les ondes et, de toutes les radios nationales généralistes que j’ai pu écouter, France Inter et France Culture sont celles qui collent le plus à mes critères de choix. En plus, vous avez dû remarquer maintenant, « service public » ça me parle. Pour être honnête, enfin, j’écoute donc en majorité les médias les plus neutres, surtout ceux qui sont neutres au point de pencher partialement du même côté que mes idées à moi… Même là, il y a des ennemis et ça suffit à me donner la température générale du front adverse.

Radio France, donc. France Culture parce que j’aime écouter à la fois des choses auxquelles je n’entends rien a priori, genre trois heures sur la physique quantique qui est belle comme un poème, et des choses qui m’intéressent plus explicitement, genre une semaine d’entretiens avec Claude Simon ou les cours de philo de Jankélévitch que si je l’avais connu avant j’aurais fait des études de philosophie au lieu de choisir bêtement un truc pas sérieux qui ne sert à rien : l’histoire de l’art. Et France Inter.

Enfin bref, j’écoute maintenant France Inter le matin. Ben oui, Nicolas Demorand est là maintenant et j’aime moins Ali Baddou. Le premier souci, c’est que je n’entends plus des chroniqueurs que j’appréciais beaucoup. Exit Marc Kravetz, Olivier Pastré, Olivier Duhamel. Le deuxième souci, c’est que je trouve qu’on laisse beaucoup moins les intervenants s’exprimer. Parler intelligemment, démonter la structure des lieux communs qu’on nous assène comme une vérité, ça prend du temps. Je note toutefois une amélioration. Le troisième souci, c’est que j’ai du mal à supporter Jean-Marc S. Jean-Marc S. est, à mon avis, à l’économie l’antithèse de ce qu’est Jankélévitch à la philosophie. Hier matin, il a eu une pensée puissante. Je résume, parce que j’avoue que je n’ai pas bien tout retenu (écouté) ce qu’il a dit. En résumant, donc, il a dit que si la croissance en France est si faible, c’est pasque les gens ne travaillent pas assez.

C’est tellement évident qu’il doit forcément y avoir un lien. Oui. C’est de la cause à effet sans discussion possible. Mais peut-être qu’on pourrait penser dans son quant-à-soi que si les gens ne consomment pas assez, c’est parce qu’ils n’ont pas d’argent à dépenser ? Peut-être qu’on pourrait se dire que s’il y avait moins de chômeurs (au chômage parfois parce que leurs patrons délocalisent pour baisser leurs frais tout en augmentant leurs bénéfices tout en faisant en sorte que ceux qui doivent consommer ne le puissent plus pour pouvoir se plaindre de la baisse du chiffre d’affaire pour avoir une bonne raison de délocaliser) ? Peut-être qu’on pourrait se dire que travailler plus pour ne pas gagner plus est une aberration ? Peut-être qu’on pourrait se dire que les employeurs ne sont pas obligés de sous-payer leurs employés et que d’ailleurs, certains ne le font pas et réussissent quand même à faire quelques bénéfices ? Peut-être qu’on pourrait aussi se dire que la consommation n’est pas un but en soi et qu’en prêchant pour une croissance infinie, on court à la catastrophe ? Bon, très bien, j’arrête. Pourtant j’en avais plein d’autres. Quand je disais que ça prenait du temps d’expliquer que les slogans électoralistes sont mensongers.

Hou, la dangereuse gauchiste ! Rhôôô, ce n’est pas bien de dire du mal de la croissance… Bouh, allez, au coin. Punie. Obligation d’écouter les chroniques de J-M S. en boucle jusqu’à ce que mort cérébrale s’ensuive. Je ne suis pas inquiète, vue la puissance du traitement, ça ne devrait pas être très long…