Nostalgie

Ce mercredi, ces messieurs étant occupés de part et d’autre, je passe un moment seule à seule avec Mademoiselle Moizelle, qui exige un passage au parc public.

Comme je suis une mère stricte, sévère et exemplaire, je cède.

Je vous parle à présent en direct de la bienpensitude, au coeur de la vie sociale des 1 – 6 ans et de leurs mères – pères – autres (rayer les mentions inutiles).

Banc, soleil, calme, un regard approximatif de temps en temps vers le toboggan. Rien de bien extraordinaire me direz-vous.

Et bien si : brusquement, je m’aperçois que quelque chose cloche. Le calme, l’anormal calme. Pas de hurlement, pas de regard rébrobateur des autres parents, pas l’angoisse au ventre.

Il y a bien longtemps que Monsieur L. allait au parc, affrontant avec moi les hordes de barbares neurotypiques, doltoïsés et florencepernoultisés, qui se gargarisaient de la supériorité de leur mode éducatif sur le mien, mère indigne à l’enfant mal élevé. Bien longtemps.

L’année prochaine, il va affronter les mêmes, un peu plus grands, un peu plus vieux, pour son entrée au collège. Bis repetita ?

Quoi qu’il en soit, nous préparons cela comme une expédition sur Mars.

8 Réponses à “Nostalgie”

  1. Titi dit :

    l’entrée au collège c’est quand même une sacrée victoire en plus d’un énorme challenge, non ?

  2. Aphykit dit :

    Yes Ma’ame ! It is.

  3. Ashley dit :

    Mais congratulations pour le collège, c’est super (même si effectivement ça risque de ne pas être de tout repos)
    Pour le reste, tu les proutes ces connasses/connards, surtout que le collège c’est pas comme le parc, les parents ne sont pas là pour regarder ce qui s’y passe

    Des bisous

  4. Emorej dit :

    Je n’ose pas imaginer l’angoisse que ça doit représenter pour Monsieur L. Un lieu inconnu, des gens inconnus, des sonneries toutes les heures, des changements de classes … effectivement la préparation doit être un véritable challenge. Est-ce que vous pouvez y aller avant la fin de cette année ? En plus je suppose que vous devez lutter contre « l’incompréhension » (pour rester poli) des enseignants. Je vous envoie plein d’énergie pour ce combat, comme: de la tartiflette pour les calories, plein de chocolat pour le moral, du soleil pour la bonne mine et cinq tonnes d’humour pour la zénitude !

  5. Aphykit dit :

    @ Ashley : C’est sûr, mais les enfants qu’ils élèvent ont grandi…

    @ Emorej : En fait, les sonneries régulières, les horaires bien découpées (un prof, une salle par matière)et régulières, c’est plutôt fait pour le rassurer. Avec Monsieur L., plus c’est routinier, mieux c’est. Le souci, ce sont les relations et la communication sociales qui ne font que se compliquer. Ce n’était déjà pas simple pour lui de comprendre des enfants, mais alors des ados…
    Merci pour la tartiflette et le soleil, ça nous changera du Kig ha farz et de la bruine !

  6. Emorej dit :

    Ha je comprends, le rythme du collège en lui même c’est plutôt positif: c’est assez procédurier. Mais comment tu fais pour aider Monsieur L. à comprendre les ados ? Il les voit comment ? Comme des êtres illogiques, imprévisibles, gavés de double-sens et d’allusions indéchiffrables ? Est-ce qu’il arrive à s’en foutre ? Ou est-ce justement nécessaire qu’il ne s’en foute pas ? Est-ce qu’un adulte sera là pour l’épauler ? J’aurais tendance à croire qu’il a besoin de protection contre les autres (moqueries et autres saloperies?) ? Je vous admire, visiblement, l’expédition sur Mars passe encore, ce sont les relations avec les martiens qu’il faut appréhender.

  7. jean dit :

    Effectivement, les relations avec les jeunes martiens seront délicates, surtout si les vieilles biques martiennes laissent sonner l’hallali dans le cratère récréatif.

  8. Aphykit dit :

    @ emorej et jean : Tous mes remerciements, Messieurs, pour ces mots d’espoir qui me font espérer des lendemains qui chantent !
    J’attends encore la notification pour savoir si Monsieur L sera accompagné l’année prochaine. Croisons les doigts.

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