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Archive pour septembre 2009

Perspicacité

Dimanche 20 septembre 2009

Vendredi à l’école maternelle, classe de PS2.

Aujourd’hui la maîtresse, qui occupe également le très convoité poste de directrice (si convoité qu’il est systématiquement attribué à la dernière arrivée, en signe de bienvenue) est remplacée par une autre maîtresse, une qui ne maîtrise pas encore toutes les nuances qui différencient une Océane d’une Alyzée, un Younis d’un Luka.

Chaque enfant lui rappelle généreusement son prénom en arrivant dans la classe, afin de la tirer d’embarras.

Mademoizelle Moizelle entre à son tour.

« Bonjour, comment t’appelles-tu, belle enfant, demande la maîtresse (oui, j’enjolive un peu : c’est ma fille, c’est mon blog, c’est mon droit)

- Blanche Neige », répond la délicieuse.

Mademoizelle Moizelle, toute superhéroïne qu’elle est, manque parfois de perspicacité.

Ou alors elle est sadique.

Je me demande ce qui est pire.

Un moment de grâce

Lundi 14 septembre 2009

Je lisais il y a quelques mois déjà sur le blog de Madame de Bougeoir : « Comment ai-je pu vivre sans Spotify ? » Maintenant que j’ai été frôlée d’aussi près par l’affectueuse grande faucheuse, je me le demande. Disséquons ensemble cette courte phrase si pleine de sens, voulez-vous ?

D’une part, comment ai-je pu vivre jusque-là tout court ? Vivre sans prendre pleinement conscience que j’étais à ce point à la merci de mon propre corps ? Trahie. Mise en danger par un infime caillot, trop tôt apparu, enfin disparu. Presque comme s’il n’avait jamais existé. Alors que j’aurais pu être agressée violemment par beaucoup plus petit, mais extérieur à moi-même au moins, un virus à la mode par exemple (on dirait le titre d’un film d’espionnage de série B, L’ennemi qui venait de l’intérieur ou Le caillot frappe toujours deux fois).

Spotify, d’autre part. Comme je suis au repos, je sors moins et comme je sors moins, je ne peux pas aller m’acheter le Unplugged in New York de Nirvana pour le moment. Cela ne saurait tarder. Je sais, je sais, ce n’est pas up to date, mais je replace la situation dans son contexte pour que vous en goutiez tout le sel. D’un commun accord, je suis réputée être la fille qui ne jure que par les enregistrements studio. Je ne suis pourtant pas butée, mais je devais avoir de mauvais souvenirs d’albums live. Donc, le live c’est en concert, un point c’est tout ! Du coup, je ne connais de Nirvana que deux albums en tout et pour tout. Or, Mister R., en surfant sur Spotify (musique en streaming de première qualité) pour retrouver du Bowie, s’est arrêté sur « The man who sold the world » (qu’il connaissait, le traître), repris par Nirvana, pour me le faire écouter. Et là, comment vous décrire au mieux mes sentiments ? Je ne sais pas. Ce n’est pas une histoire de cerveau, c’est une histoire de tripes (et en ce moment, c’est plutôt mieux).

Touchée par ce pur moment de grâce, où la fragile voix de Kurt Cobain se fêle sur la raucité des accords de guitare. Bouleversée.

Touchée par une reprise. Certains de mes amis doivent en rire allègrement.

Depuis, je l’écoute en boucle sur Spotify en attendant de pouvoir acquérir le convoité CD, pleine d’empathie et d’affection pour ce jeune homme que je ne connais pourtant pas, un jeune homme au talent infini et au destin tragique, né avant moi, qui a toujours la vingtaine alors que j’empile peu à peu les années qui me permettront bientôt d’avoir des élans maternels pour lui.

Oh no, not me, I’ve never lost control.

I must have died alone, a long long time ago.