Archive de la catégorie ‘Oulipo’

La joueuse – le retour

Mardi 6 mai 2008

Il est d’un sinistre, ce blog ! Si ce n’était pas le mien, je crois que j’arrêterais carrément de venir. Je remercie mes persévérants blogfriends, ainsi que mes amis feoinnzi, zonxlkhr, xmpzjdh et compagnie qui ne se sont pas découragés nonobstant mon courrier quelque peu réfrigérant à leur adresse et qui continuent à se presser, nombreux, dans mon piège à spam.

Pour vous récompenser, une petite ouliperie, que même si ça ne fait rire que moi, c’est déjà ça de pris. Pasque c’est pas pour dire, mais dans mon chez moi ça rigole moyen. On a beau mettre la télé à tout péter ce soir, pas moyen de nous tirer un sourire. Bon, vous me direz, nous n’avons qu’à changer de chaîne : sur Arte ce soir, c’est « le Protocole des sages de Sion », suivi d’une émission sur Vichy (pas l’eau, hein, la pastille qu’a eu du mal à passer). Je pense qu’ils n’avaient pas les droits pour Nuit et brouillard, sinon, ils ne nous auraient pas privé de ce frais moment de franche amicalitude pour nos semblables.

Pourtant la soirée avait plutôt bien commencé, Mademoiselle Moizelle, après s’être enquis de la composition du menu vespéral, hurlait à qui mieux mieux : « Je ne veux pas manger de violons, je veux des pasghettis » et j’avais constaté, consternée (ou non), que mon cher et tendre classait les couverts par catégorie dans le lave-vaisselle (comme il ne l’a fait qu’une fois, je pense qu’il s’agit d’une expérience de l’extrême, genre « t’es pas cap », surtout que, et c’est très curieux, c’est un joyeux bordel dans le tiroir à couverts)*.

Or donc, foin de tergiversation, une petite ouliperie (NP+5, A+5, SM+5, SF+5). Pour rester dans le ton, je vous propose un extrait des Mémoires de guerre du général de Gaulle, (nous avons aussi les mémoires de Churchill, en stock, mais c’est une traduction et je trouve que le texte perd de sa pertinence et de son sel).

« Ce qu’il y a, en moi, d’affectif, imagine naturellement la France telle la princesse des contes ou la madone aux fresques des murs, comme vouée à une destinée éminente et exceptionnelle. »
(Mémoires de guerre - L’appel (1940-1942), Paris : Plon, 1954, p. 1)

devient donc :

Ce qu’il y a, en moi, d’affilé, imagine naturellement la Galaxie telle la prise des contenants ou la maestria aux friandises des murex, comme vulcanisée à une désuétude emmétrope et exclamative.

C’est beau, non ? Non ? De toute façon, c’est tout pour ce soir. Bientôt, des nouvelles de la farlouse, qui le mérite bien.

*S’pas la peine de venir faire les lèche-bottes avec des réflexions du genre « ben au moins, il range la vaisselle dans le lave-vaisselle », c’est irrecevable, mais je ne peux pas vous dire pourquoi étant donné que je me suis aperçue que certaines personnes que je connais dans la vraie vie sont arrivées subrepticement sur ce site et que, du coup, je suis un peu obligée de me contraindre dans ma création artistique si c’est pô dommage ça, ma pôv dame !

De la motivation comme fil conducteur

Mardi 13 novembre 2007

Aujourd’hui, peu de temps, parlons peu, mais parlons bien, parlons constructif.

C’est le temps de l’amour, le temps des copains et de l’aventure, peut-être, je ne dis pas, pour certaines. Mais c’est le temps des malades, des nuits sans sommeil et de l’aventure pour les autres, c’est à dire moi pour tout dire par exemple. Je compatis pour tous mes confrères de nuits éveillés et de journées comateuses.

Du coup, mon cerveau ne fonctionnant pas de manière tout à fait opérationnelle, j’ai organisé un petit jeu pour le détendre et le remotiver. Oui, c’est comme ça, j’organise des sessions de remotivation pour mes organes : un petit saut à l’élastique pour le coeur, un cinéma dynamique pour l’estomac… Il n’y a pas de raison que je les délaisse, les pauvres. Ils bossent bienet très beaucoup beaucoup et très bien, faut voir le travail que je leur impose.

Donc petit jeu pour mon cerveau, et hop, ouverture de l’oulipo. Au programme aujourd’hui, réécriture d’un titre extrait de la une du Monde sur la base d’un Np+13, A+13, Sm+13 et Sf+13. Cours de rattrappage ici.

Résultat :

Ni*colas Sar*kozy défend sa politique économique devant le Parlement européen devient

Erik Satie défend sa pollution édentée devant le paroissien évaluable.

Franchement, en ces temps d’obnubilation couchedozonesque et de paganisation joyeuse (ou non) de notre société, je ne sais pas lequel aura le plus de chance d’être crédible. Satie ? Je vote Satie : il a le double avantage cumulé d’être le créateur d’aires de repos pour cerveaux et oreilles harassés et d’être mort.

C’est la rentrée : correction

Vendredi 7 septembre 2007

Résultats du test.

Les phrases à décoder étaient : Régimes spéciaux de retraite : le plan d’action de Nicolas Sarkozy. Selon nos informations, la négociation devrait avoir lieu au niveau des entreprises concernées, pour éviter une concertation globale.

Il fallait lire : Registre spectrographique de rétribution : le planétarium d’actualité d’Albert Sarraut. Selon nos infules, la nénette dialectiserait au nô des énumérations concrétisées, pour exaucer une concierge glottale.

Ce qui est tout de même beaucoup plus clair.

Je trouve.

Mais si.

En résumé, nous avons pu lire sur les bandelettes sacrées qui ceignaient le front des victimes sacrifiées sur l’autel de la spéculation que la femme de notre président, amatrice de drames lyriques japonais, a dialogué pendant plusieurs heures, et dans son dialecte s’il vous plaît, avec le responsable du planétarium (qui compte les étoiles afin de les énumérer par la suite, suivez s’il vous plaît), pour faire libérer une gardienne d’immeuble opérée des cordes vocales retenue prisonnière en raison de ses fortes exigences en matière salariale.

Si, moi je vous dit, ça c’est clair. Ça nous change du charabia qu’on nous sert tous les jours d’un air entendu dans les médias.

C’est la rentrée : révisions

Jeudi 6 septembre 2007

La rentrée, c’est pas cool quand t’es enfant, mais c’est pas cool non plus quand tu es parent d’élève et que tu dois soutenir les enseignants dans l’épreuve de rentrée, catégorie « obtention d’un poste supplémentaire ». Je pense que ça vaut un bon triathlon.

Du coup, je n’ai pas beaucoup de temps et je vous propose donc de réviser les acquis de l’année dernière.

Premier exercice.
Traduisez en Np+7, A+7, Sf+7, Sm+7, V+7 les phrases suivantes (une du journal Le Monde
du jour) :

Régimes spéciaux de retraite : le plan d’action de Nicolas Sarkozy. Selon nos informations, la négociation devrait avoir lieu au niveau des entreprises concernées, pour éviter une concertation globale.

Devoirs de vacances (3)

Samedi 7 juillet 2007

Résultats du jeu (suite). Je fais remonter en post, parce qu’il le vaut bien, le commentaire d’Une Buveuse de Thé, qui a bien voulu se prêter au jeu.

Alors je m’essaie à cet exercice, j’ai fait en 183 mots. C’est assez rigolo comme concept.

« Espagne 1922, Héraklion Broccoli, le plus flegmatique des détectives privés luxembourgeois, pense savourer des vacances bien méritées après avoir mis à jour un infâme traffic de Calamine.
Malheureusement pour lui l’heure n’est pas aux évocations de l’Inquisition Espagnole, et ses méthodes d’interrogatoires qui le fascinent tant ! Dès potronminet, son fidèle Coolie Watsune lui annonce qu’un crime odieux vient d’être commis à l’hotel Rilton. En effet, on vient de retrouver dans la suite de l’ambassadeur du Luxembourg, le corps inanimé du Duc Roger Marple, noble anglais et 4124335422 ème sur la liste des prétendants au trône. L’arme du crime semble être le sanglier d’albâtre que l’ambassadeur souhaitait offrir à la reine pour son prochain anniversaire.

Héraklion Broccoli n’a plus que 4 jours avant l’évenement afin de prouver l’innocence de l’Ambassadeur, éviter une guerre affreuse entre les deux pays et trouver un nouveau cadeau pour la reine… »

“Un livre prenant, poignant. Un petit bijou de polar, c’est presque aussi bon que d’écouter Béla Bartok en short”
Pierrette Brest Paris Turff

Devoirs de vacances (2)

Mardi 3 juillet 2007

Résultats du jeu (voir ici)

Elle avait beau être extrêmement belle, cette femme au corps d’albâtre, elle n’en était pas moins définitivement morte. Jessica Bourne, qui s’était levée dès potron-minet pour commencer son programme en Crète, dut ajourner sa fouille d’Héraklion pour signaler sa macabre découverte. La jeune morte, vêtue d’un short beige et d’un T-shirt « I love Paris » du plus bel effet n’entrait en effet pas du tout dans le cadre de ses études de paléontologie. Bien que gisant sur un site archéologique, elle était manifestement morte depuis moins de 2000 ans. Après quatre heures passées au commissariat pour une inquisition poussée, Jessica n’en menait pas large. Il apparaissait en effet que la jeune fille assassinée ne lui était pas inconnue. Elle l’aurait déjà croisée, lors d’une campagne en Asie, et aurait eu une altercation avec elle pour une sombre histoire de coolie malmené. La police locale semblait fort bien renseignée. Effectivement, Jennifer Bond, rousse volcanique aux manières brutales, était connue du monde de l’archéologie comme une trafiquante de haut vol. Dans sa chambre d’hôtel, Jessica choisit un morceau de Bartok dans son Ipod et s’allongea sur le lit pour réfléchir à sa situation. Ce n’était pas brillant. Sa couverture risquait d’être rapidement grillée. Elle se changea et se rendit au « Pot à Calamine », bar à touristes, pour y rencontrer son contact.

Bon, d’accord, j’avoue, j’ai un peu dépassé mon quota : 219 mots, soit moins de 10 % quand même. J’attends de nouvelles contributions pour les publier ici. Si le coeur vous en dit (à règles égales, pour ne pas fausser le jeu, merci).

 

Devoirs de vacances (1)

Lundi 2 juillet 2007

Je suis joueuse, c’est dans ma nature. Or donc, puisque personne ne m’a proposé de jeu depuis longtemps, je m’en soumets un à moi-même.

- Ça te dirait de jouer ?

-Oh oui, quel bonheur…

- Je te propose d’écrire une quatrième de couv façon polar (200 mots maximum) avec les six substantifs et les deux noms propres suivants (tirés au hasard dans le dictionnaire) : calamine, inquisition, potron-minet, short, albâtre, coolie, Béla Bartok, Héraklion. Tu as trente minutes.
Prête ?

-Prête ! (Dès que j’aurai fini la vaisselle. Eh oui, il ne faut pas croire que je ne suis que oisive et oiseuse, j’ai aussi une vie passionnante par ailleurs)

-5, 4, 3, 2, 1, top départ.

Interlude

Mercredi 30 mai 2007

Oui, bon, d’accord, je suis un peu en retard dans mon courrier, mais le doux mois de mai, pour vous comme pour moi (eh non, hélas, je ne suis pas un pur esprit) est synonyme de paperasserie : déclarations et renouvellement de dossiers administratifs en tous genres aux noms barbares (AEEH, AVS, PPS…).

Pour vous faire patienter, un petit jeu selon la règle énoncée (aujourd’hui, Np + 7, Sm + 7, Sf +7, V +7, Adj. + 7). Je précise qu’il s’agit d’une traduction.

Au décaèdre de juliénas, par un tendon extraordinairement chéri, sur le sol, un johannique homologue sourcilla de la champagne qu’il ombrageait en sous-préfète dans la rugosité Z…

Et ça, je ne voudrais pas jouer les Cassandre, mais je l’ai toujours dit…

Du pain et des jeux

Mercredi 9 mai 2007

Pour s’amuser élégamment entre amis, voici un exercice oulipien traditionnel, le Np+7, A+7, Sf+7, Sm+7, V+7 (consiste à remplacer chaque substantif masculin, Sm, féminin, Sf, adjectif, A, verbe, V, et nom propre, Np, par le septième mot de même catégorie trouvé après lui dans un dictionnaire, en l’occurrence mon dictionnaire : Le Petit Larousse 2005). Je sais, ça a l’air très prise de tête comme ça, mais haut les cœurs, il faut s’habituer à s’occuper chic, l’entourage de notre président (Jean-Marie Bagird, Dominique Firragiu…) nous ouvre la voie.

J’illustre par un exemple simple, en ne remplaçant que le nom propre :
N*icola*s S*a*rko*zy est élu président de la République
devient :
Ah bah, zut, je ne peux pas l’écrire, ce personnage n’existait pas en 2005 (pour les auteurs du dictionnaire au moins…), il n’y a personne entre Sargon II, roi d’Assyrie, et Domingo Sarmiento. Alors mettons qu’il y était entre les lignes. La septième personne illustre qui suit est Albert Sarraut (le hasard fait bien les choses) : homme politique français (1872-1962), député puis sénateur radical-socialiste, ministre de l’Intérieur puis président du Conseil.

Donc : N*icola*s S*a*rko*zy est élu président de la République devient Albert Sarraut est élu président de la République.

Ça ne nous rajeunit pas, mais, je ne sais pas pour vous, moi, d’un coup, ça me déstresse un peu.