Voeux

23 décembre 2007

Je respecte scrupuleusement la trêve des confiseurs et je promets de ne pas tomber dans la mièvrerie ni dans la douceur sucrée, mais :

 

 

il est venu le temps des vœux.

Chaque année, j’adresse des vœux sincères à ma famille, à mes amis, à mes blogcops ET à une catégorie supplémentaire de gens mal pourvus du vœu. Chaque année c’est un crève-coeur de départager les candidats aux vœux spéciaux, mais c’est la dure loi de la vie : un seul d’entre eux est l’élu.

Cette année, mes premières pensées vont donc aux mauvais directeurs artistiques. Ben oui. Ça peut paraître bizarre, comme ça, à brûle-pourpoint dès potron-minet (sauf quand on me connaît un peu), alors j’explique. Comme je manque un peu d’activité (je sais, c’est récurrent, mais ça me fait toujours mourir de rire de dire ça, s’il faut bien mourir de quelque chose, autant que ça soit de rire…), j’ai décidé de me lancer, telle une intrépide aventurière un peu trop optimiste, sur la piste de l’emploi. Déjà, ça commence mal dans l’intitulé des annonces. « Cherche excellent directeur artistique ». Non, mais quelle idée. Il n’y aurait pas discrimination, là, par hasard ? Je m’en vais de ce pas alerter la HALDE. Et comment vont-ils faire, les mauvais directeurs artistiques, pour vivre ? Ils ont eu, il faut bien le reconnaître, du mérite d’arriver au poste de directeur, car la formulation de l’annonce induit la notion d’un candidat qui serait déjà excellent, déjà directeur et déjà artistique. Je souhaite donc de tout cœur une excellente année 2008 aux mauvais directeurs artistiques, ainsi qu’aux médiocres directeurs artistiques et aux simplement bons directeurs artistiques. Qu’ils trouvent le courage, malgré l’adversité, de s’imposer tels qu’ils sont et qu’ils ne cèdent pas aux sirènes, ni aux tasers, du conformisme ambiant. Bonne chance à tous.

Voilà qui est fait.

Et maintenant, que vais-je faire, sinon vous souhaiter à tous, amis du blog :

JOYEUX NOËL
et

BONNE ANNEE 2008 (sq)

Prévention routière

14 décembre 2007

Aujourd’hui, je vais avoir du mal à être drôle (si tant est que je le sois d’habitude).

Je revenais tranquillement d’aller chercher le mignon petit sapin que nous avons adopté pour cette année, lorsque j’ai vu mourir un homme devant moi hier soir. Il m’a doublé à vive allure, a pris son envol sur un haricot et a percuté des arbres de plein fouet. Lorsque je me suis approchée de ce qui restait de la voiture, j’ai vu tout de suite qu’il était fort peu problable qu’il soit en vie. J’ai eu l’impression que c’était sa voiture qui était encastrée en lui. Son chien, retenu par une laisse, était sorti et aboyait près de lui.

Je suis navrée de vous imposer ce texte, mais j’ai vraiment besoin de parler de ce moment, parce que je suis au plus mal. Dès que je suis dans ma voiture, je suis terrorisée. Je regarde les gens conduire, souvent vite, parfois en téléphonant, parfois imprudents, souvent insouciants, et j’ai peur pour eux, pour moi, pour nous. Je pense à la famille de cet homme, qui a dû être prévenue hier soir et qui va passer les fêtes dans le deuil. Bien sûr, je sais qu’il est loin d’être le seul, qu’ils sont loin d’être les seuls, mais lui, je l’ai vu mourir. Et c’est tellement bête, ça tient à tellement peu de choses, une vie qui s’éteint. Toute cette vie construite pas à pas, expérience après expérience, rencontre après rencontre, toute cette vie si longue à écrire s’est achevée en quelques secondes.

Je sais que tout le monde le sait, que c’est un principe que l’on nous répète régulièrement, mais je vous le rappelle encore une fois : que vous soyez pressés, que vous soyez en retard, en colère, énervés ou bouleversés, soyez prudents, respectez bien les limitations de vitesse, le code de conduite sur la route. Soyez prudents, restez vivants. Evitez de me pourrir la vie en perdant la vôtre. Merci.

Autotag

11 décembre 2007

Je le savais, que ce nom de blog destiné à blablater était une vaste blague, je le savais. Pourtant, je me suis illusionnée. Trop facile pour une grande magicienne comme moi, trop tentant… Brèfle, je suis comme tout le monde (lourde déception que cette constatation, croyez moi ! dur retour à la réalité pour mon ego), je n’ai pas le temps… de tout faire (lalala). Du coup, comme je vis quand même un début d’addiction (et je suis polie (oui, je sais, j’utilise trop la parenthèse, mais je suis pressée, voyez vous)) aux manifestations de sympathie que je reçois, je m’autotag aujourd’hui.

Sur un concept vu chez Ashley, puis chez Fyfe (pardon à ceux que j’aurais omis de mentionner), je vous inflige un déballage de mon moi-même sous la forme d’acronyme pseudonymesque.

Aphykit est donc l’acronyme le plus illusoire qui soit, puisqu’il signifie, en russe « le laboratoire pour des opérations de couverture, de renfort, de béton et de béton armé pour les constructions composées-monolithiques et monolithiques du département de la technologie des opérations du bâtiment assemblé de l’institut de recherche scientifique de l’organisation pour la mécanisation de bâtiment et l’aide technique de l’académie du bâtiment et de l’architecture de l’Union des républiques soviétiques ».

Qui aurait pu croire qu’un nom si court eut pu contenir autant de mots ?
Comme j’ai l’esprit poétique, je vous en livre ici, en sus et en sclusivité spéciale, une interprétation subversive.

A comme « Abracadabra », comme c’est stupéfiantesque, n’est-il pas ?

P comme « Pied », vous l’auriez deviné, cet obscur objet du rejet de mon compagnon et néanmoins ami (qui me trouve plastiquement parfaite par ailleurs, uh uh uh comme il est gentil. Quoi mon nez ?)

H comme « Hellénistique » pasque j’ai de beaux restes de mes lointaines études (toujours rapport au pied, que je n’ai pourtant pas grec).

Y comme « Yaourt », que j’aime beaucoup manger (je ne dis pas j’adore, parce que j’ai bien retenu que l’on adore que son dieu et faut pas exagérer, je n’adore pas plus que ça le dieu Yaourt, tutélaire de mon cerveau lorsque je suis bien fatiguée, un peu comme maintenant d’ailleurs).

K comme « Kestatoa, tu veux te battre ? » qui traduit en quelques mots ma grande foi en la bonté naturelle de l’homme.

I comme « Insoumise » ou « Insubordonnée » ou « Incorrigible », mais c’est bien parce qu’il n’y a pas de R dans mon pseudo. Sinon, j’aurais bien choisi « Révoltée » ou « Résister », qui me correspondent assez bien, même si, là encore, c’est fatigant c’t'affaire…

T comme « Te voilà bien avancée, maintenant »

Voilà. Vous voilà donc bien avancés, vous aussi.

A vous de me dire ce qui vous semble, entre les deux, la version la plus proche de ma véritable personnalité bloggesque.

Pssstt, zavez vu comme j’ai mis de joulies couleurs ? Et tout ça alors que je n’avais pas le temps ? Pourrez pas dire que vous n’êtes pas gâtés, hein.

La famille has been prépare Noyel

6 décembre 2007

Court florilège de phrases entendues ce matin pendant la corvée du marathon des courses de Noyel. Il faut dire, je cherche un peu parce que j’adresse la parole aux vendeurs et vendeuses. Je les comprends, les vendeurs et les vendeuses, ils sont obligés d’être là toute la journée, eux…

Pour tout vous dire, dès l’entrée dans le magasin, j’ai eu un peu la nausée de voir tout ce rose, toute cette mièvrerie, tout ce luxe ostentatoire et cette foule qui se presse dans les rayonnages dégoulinants. Je m’étonne de voir, sur le visage de tous ces gens non pas l’air épanoui de circonstance, mais une performance de rictus qui traduit à la fois l’énervement, le mépris et la lassitude. En général, j’évite d’aller dans ces temples de la consommation, mais je ne voudrais pas que mes enfants me reprochent d’avoir été élevés par une marmotte asociale, écolo, gauchisante et intégriste. J’essaie donc de satisfaire quelques uns de leurs souhaits, pour certains violemment soufflés à grand renfort de spots publicitaires et autres chansonnettes abrutissantes, pour d’autres, résurgences tardives d’un passé fort peu lointain.

« Savez-vous où je pourrais trouver des pistolets à amorces ?
- … ?
- Des pistolets à amorces ?
- Ah, des pistolets à pétard ! Non, nous ne vendons plus cet article depuis longtemps »
Vu les prix pratiqués en moyenne dans le magasin, je sais pourquoi. Je vais donc répondre à Monsieur O. : « Pas assez cher mon fils » (même moi, décidément, je suis infiltrée par la pub à l’intérieur de mon moi-même).

« Pouvez-vous m’indiquer le rayon des jouets d’imitation, s’il vous plaît ?
- … ?
- Des jouets d’imitations : pour faire comme le médecin, papa, maman, le vendeur de jouets…
- C’est pour un garçon ou pour une fille ?
- Je cherche une perceuse pour ma fille
- Le bricolage, c’est dans le rayon « Je fais comme Papa »
- Merci Monsieur, vous êtes bien urbain. »
J’ai contourné le rayon « Je fais comme Maman », rempli ras la gueule de balais, d’aspirateurs et de machines à laver et je suis parvenue, non sans être retournée en arrière acheter un aspirateur pour Monsieur O. (mais je dirais que c’est pour sa soeur, il faut préserver les apparences), au rayon « Je fais comme Papa » où l’on peut trouver du matériel de bricolage, la trousse de premiers secours, le numéro des pompiers et une boîte remplie de réparties misogynes prêtes à l’emploi. Oui, je sais, c’est une usine à gaz, tous les ans quelqu’un ou quelqu’une fait la remarque. Je ne suis pas, loin de là, l’unique parent à vouloir offrir une dînette à un garçon et une perceuse à une fille, mais je note que ça n’avance pas d’un pouce et c’est horripipoilant au possible.

« Auriez-vous des jouets en rapport avec l’univers Harry Potter pour un petit garçon de six ans, s’il vous plaît ?
- Mais, enfin, Madame, ça ne se fait plus cette année ! »
Bon déjà, lui, il voit de quoi je parle, c’est un bon début, mais son ton méprisant m’est insupportable, il faut bien le dire. Que s’imagine-t-il ce pauvre garçon endoctriné, esclave du grand méchant Kapital ? Que sa remarque va me faire changer de camp et rejoindre les sirènes de l’ultralibéralisme ? Il croit au Père Noyel, ma parole !
Il ajoute, pointant avec morgue une boîte derrière lui :
« Il nous reste ça, mais c’est déjà un très vieux jeu. Totalement démodé : imaginez, il date de la sortie du premier Harry Potter ! »
J’imagine, j’imagine. Le problème, c’est que mes enfants n’ont pas le droit de regarder un film qui ne soit passé au coupe-chou effilé de la censure maternelle. Du coup, Monsieur O. n’a vu le premier opus filmique que depuis qu’il a six ans, et encore parce que son père a insisté ! Je vous rassure, je lui avais déjà lu, je ne suis pas un monstre !
Le pire, c’est que pour un jeu mathusalèmien, il n’est même pas en solde : 125 euros. Comme je ne voudrais pas priver le magasin de son patrimoine historique, je le laisse.

Quant à Monsieur L., comme chaque année, c’est un peu la prise de tête pour trouver ce qui lui ferait plaisir. À la question : « Qu’aimerais-tu avoir pour Noël ? » il répond invariablement : « Un cadeau » et à la question inévitablement suivante « Quel genre de cadeau ? », il répond : « une surprise ». Je devrais être ravie, c’est justement un peu ma conception du cadeau : trouver une idée de surprise qui fasse mouche. Pour tout dire, je n’aime pas les commandes et je n’aime pas non plus que l’on me demande ce que je veux. Je fais une exception partielle pour les enfants. Du coup, pour en revenir à Monsieur L., comme je veux l’entraîner à la fois à vivre dans un monde qui n’est pas spécialement accueillant pour lui, à développer ses réflexes et à trouver un dérivatif à son stress, je lui ai pris un punching ball. Nous verrons bien. De toute façon, je ne sais pas ce qui me fait écrire ça, mais je pense qu’il me servira.

Pedonculus horribilis

4 décembre 2007

J’ai découvert, en jetant un oeil distrait sur les catégories de ce blog, que celle que j’ai pleinedespoirement* intitulée « Vie passionnante » était éhontément pleine. Deux fois et demi plus que « Gueuloir » et trois fois plus que « Vie trépidante ». Comment est-ce possible ? m’écriai-je, prête à me récrier. Parce que, je vous l’assure, je trépidois et je gueulois très beaucoup, et ceci malgré une nature douce et réservée (quoi ? c’est un blog anonyme ici, personne ne peut soupçonner la vérité).

Ce doit être parce que j’ai un joyeux caractère (voir parenthèse précédente) qui porte tout naturellement à m’émerveiller pour les petites choses du quotidien. Exemple, en voyant traîner ce misérable déchet cette admirable création de dame Nature sur la desserte je ne me dis pas « P@#*#n, mais c’est pô possible, personne dans cette turne n’est f#@#u de trouver le chemin de la poubelle ! »

Pedonculus horribilis

Non, je ne connais que trop bien le complot intergalactique des choses inanimées et inâmées. Citoyenne exemplaire, je préviens les autorités autorisées et je mets ma famille à l’abri : « Attention, les tomates attaquent la ville. Elles ont envoyé en éclaireur le vilain pedonculus, le plus agressif d’entre les pédoncules. Je le vois avancer, l’air menaçant, lançant ses pattes crochues et poilues. Tous à couvert. Il faut évacuer la maison, le quartier, la ville, le pays. Ces tomates envahisseuses sont affamées de chair humaine. Contrairement à leurs consœurs les douces, mais si crédules, tomates farcies, elles ne se contenteront pas de chair à saucisse.
Mais qu’allons nous devenir si nous sommes obligés d’aller vivre à l’est (c’est loin) ou pire, à l’ouest (c’est l’eau) ? Vite, pas le temps de prendre les bagages, nous allons vivre sur une île déserte (Ouessant ?) où elles ne pourront pas nous rattraper, parce qu’elles ne savent pas nager. Avant de partir, il nous faut détruire tout ce qui peut les guider vers la conceptualisation puis la conception d’un bateau.
Comment trier ? Impossible ! Il nous faut pratiquer la politique de la terre brûlée. Où sont les allumettes ? Monsieur O., toi qui aimes tant jouer avec, il est temps de passer à la vitesse supérieure. »

Bon. Hum. Après, en général, je suis un peu fatiguée parce que même si ça dure moins d’une minute, je vis ça en superproduction, moi, je ne suis pas les préceptes du Dogme. Bon, ce n’est pas le tout de rigoler, mais c’est l’heure d’aller chercher les enfants à l’école et de leur apprendre que la vie d’adulte, franchement c’est hyper sérieux. Faut être mature et responsable, que diable. Finalement, pour Noël, je crois que je vais garder le Test tube Alien et leur offrir des pédoncules et un aspirateur. Je préfère les entraîner dès à présent au monde qui les attend.

Oups, j’ai failli oublier le mettre ce p@#*#n de f#@#u misérable déchet à la poubelle.

*Un merci particulier à Ashley, qui m’a ouvert le monde merveilleusement riche de l’adverbe néologique.

Veni vidi vici

3 décembre 2007

Bien sûr, ça n’est pas de moi, mais ça, tout le monde le sait et puis je suis tranquille du point de vue des droits d’auteur, les descendants de Jules et de Plutarque ne me feront pas d’ennuis. De toute façon, faudrait voir à pas me chercher, sinon on me trouve facilement.

Je fanfaronne, je fanfaronne (il en restera toujours quelque chose), peut-être, mais je suis depuis ce matin euphorique à l’idée que je vais pouvoir annoncer à Monsieur L. : « Mon fils, mon cher fils, les aruspices ont parlé. L’histoire ne dit pas dans quels viscères ils ont lu, mais ils ont été formels. Tu es à présent placé sous la double protection de Thémis et Athéna et tu iras donc en classe de mer. Va en paix. Il faut à présent que j’aille vérifier où est le chat. »

Résumé des épisodes précédents ici et .

Ce midi, j’ai eu un entretien fort intéressant et constructif avec la directrice de l’école. Elle avait été informée que c’était avec le plein accord des parents (quasiment à leur demande, en fait) que Monsieur L. était exclu de la sortie. Que nenni, non point ma bonne dame, cette allégation est fort suspecte de mauvaise foi. L’intervention efficace de l’enseignante référente a permis que tous ouvrent les yeux sur les possibilités offertes à eux pour que les élèves, tous les élèves, puissent participer à la classe de mer. A mon humble avis, ce qui a définitivement permis cet éclair de lucidité soudain, c’est la position de l’inspectrice qui préfère faire annuler tout bonnement les sorties lorsqu’un enfant risque d’en être exclu. C’est fou, elle n’a même pas eu à intervenir, ni à être même avertie de l’affaire, seule son aura suffisait. Esprit de la loi es-tu là ? Finalement, l’enseignante n’avait pas bouclé son programme et peut tout à fait intégrer des activités qui permettraient à Monsieur L. de participer. Voyez-vous ça !

Yes, yes, yes et re yes. Cependant, comme la hérissonne, mon animal totem, je suis du genre prudent, je vais veiller à ce que la totalité des opérations se déroule en ce sens. Il ne s’agit pas de baisser la garde trop précocement… Je pense toutefois que seule l’instit de mon fils mettra de la mauvaise volonté. Les autres étaient seulement mal informés, semble-t-il.

Nouvelle étape : essayer de faire passer à Monsieur L. le test indispensable pour qu’il puisse au moins aller sur les bateaux de sécurité si vraiment il ne veut pas faire de voile. Je le vois mal basculer en arrière, la tête la première, tout habillé dans une piscine, mais rien n’est impossible. Avec une bonne motivation, ça peut être jouable. Il nous reste plus de trois mois pour parvenir à cette performance. Si vous avez des idées pour lui permettre de réussir, je suis preneuse…

Vendredi 30 novembre, journée nationale du z

30 novembre 2007

Demain, ce sera mon zanniversaire. Trop youpi, ze vais enfin zêtre une grande fille. Mais zaujourd’hui, c’est la niversaire de ma grand-mère, qui zest aussi une grande fille (même si elle prétend que « mais zenfin, ce n’est pas possible, tu as zencore grandi depuis la dernière fois » à chaque fois que ze lui rends visite).

Toutes ces zinformations, que ze sait de la plus haute importance pour vous tous, ne vous sont communiquées que pour zatizfaire un dézir narzissique. Nan, je plaisante, c’est pour vous zexpliquer pourquoi ze vais m’absenter quelques jours.

(Là, normalement, si vous lizez tout bien, vous zavez une furieuze zenvie de cracher toute la salive qui s’est répandue dans votre bouche. C’est fait pour, c’est pour vous zaider à vous zentraîner pour les manifs de sales mômes. Ne me remerciez pas.)

En attendant, ma messagerie se fera un plaizir de recueillir vos messages et je vous laisse quelques zimages, mais c’est bien parce que vous zavez été sages.

Histoire de voir
Album : Histoire de voir

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Message de Bisounoursie

29 novembre 2007

Les Bisounours parlent aux Bisounours.

Patanok 1er, Brésident de la Pérublique, nous a fait l’honneur ce matin de nous adresser un discours fédérateur que je vous retranscris ci-après :

Citoyennes et citoyens exemplaires, fier de l’exemple d’ordre et de discipline que vous proposez à nos compatriotes, je voudrais soutenir vos actions quotidiennes en portant à votre connaissance des agissements qui me semblent avoir un retentissement négatif non négligeable sur la croissance et la renommée de notre beau pays.

Certains moutons noirs parmi nous torturent leurs congénères sans que personne ne s’en émeuve outre mesure. Mimi, chef de file de mon opposition qui cherche à se faire passer pour la gentille petite souris blanche, essaie de noyer des canards dans sa machine à laver et élève un poisson rouge dans ses toilettes. L’escargot, sous l’évier, et la poule accompagnée de son poussin, dans le panier de linge sale, semblent relativement épargnés, mais n’oublions pas que Mimi range le tue limace sous l’évier et qu’elle entasse le linge par-dessus les gallinacés, qui, souffrant d’un QI négatif, n’ont aucun moyen de s’en tirer. Est-il normal que cette récidiviste s’en tire toujours devant les tribunaux en exploitant son passé dans les laboratoires ? Je dis non. Je me place d’abord du côté des victimes. D’autres ont eu des parcours difficiles et s’en tirent haut la main. Il est certain que le patrimoine génétique est en cause. C’est pourquoi je vous propose un dépistage des comportements asociaux dès le plus jeune âge.

La génétique est parfois encouragée par des pratiques familiales déviantes. Je note ainsi une dégénérescence du modèle éducatif qui a fait ses preuves pendant des décennies. Quelques personnages peu recommandables, notamment, se sont introduits auprès de nos chères têtes (de plus en plus) blondes. T’choupi, brute épaisse qui donne des coups de pieds aux poules et menace tout animal plus petit que lui des sévices les plus extrêmes, semble être encouragé par ses parents, bobos permissifs notoirement connus, ardents zélateurs des trente-cinq heures. Même petit ours brun semble un peu plus civilisé. Nous pourrions pourtant imputer à ses parents, chômeurs profiteurs de longue durée, une maltraitance passive, du point de vue de l’hygiène : il mange des gâteaux assis sur son pot et ne se lave jamais les mains. Le sourire niais affiché par toute la famille, leur calme et leur sérénité sont suspects, tout comme l’est la zénitude des parents de T’choupi. Je soupçonne quelque usage de substances illicites qui expliquerait leur air ahuri.

Cette voyoucratie devrait prendre exemple sur ces enfants modèles que sont Martine, Pom, Flore et Alexandre et sur leurs merveilleux parents, de vrais Bisounoursiens qui font honneur à leur patrie. Chère Martine, toujours prête à aider sa gentille maman à faire l’aumône aux pauvres, à rappeler à tous que la paresse est un péché mortel et qu’il leur suffirait simplement de travailler plus pour gagner plus. Pom, Flore et Alexandre secondent activement leur père, le Roi, dans sa difficile tâche quotidienne que ne peuvent comprendre de simples roturiers. Leur mère, la bienveillante Céleste, s’occupe avec une attention sans faille à superviser le travail domestique, naturellement dévolu au sexe faible.

Je vous encourage, chers sujets, à suivre leur exemple et à faire, comme eux, oeuvre de salut en révélant au grand jour, l’activisme négatif des ennemis de la patrie.

Patanok 1er

Pas de bras…

27 novembre 2007

Classe de mer, le retour.

Hier, rencontre avec l’enseignante de Monsieur L. Tout sourire, mais ferme. En gros, elle ne voit pas pourquoi je viens la voir. Pour elle, mon petit garçon ne peut pas venir. Un point c’est tout. Elle a tout prévu comme ça et ne changera pas d’un iota. Elle a prévu d’être sur l’eau tout de temps, un point c’est tout. Je sais parfaitement qu’il est possible de choisir d’autres activités. Les autres années, les enseignants avaient choisi des programmes qui auraient été plus adaptés, mais cette année, pas de chance.
Question : « dans les activités proposées, il y avait ornithologie »
Réponse : « oui, mais moi je n’ai pas choisi ça »
Question : « lecture de cartes marines ? »
Réponse : « je n’ai pas choisi ça. »

C’est comme ça. Il est traité comme un enfant comme les autres, d’après elle. C’est sa vision de l’intégration, de la vie en société : tout le monde pareil. A la cantine, bras ou pas : pas d’aide. Devant un escalier, fauteuil ou pas : pas d’aide. Pour traverser la route : aveugle ou pas, pas d’aide… S’ils veulent s’insérer, ils n’ont qu’à faire des efforts, tous ces handicapés, c’est vrai après tout. Faudrait voir à ne pas perturber la ligne droite et claire de la vie par des demandes inconsidérées.

Question : « Et s’il réussit à passer le test pour aller sur l’eau ? »
Réponse : « Ce ne sera pas possible. Et s’il se lève dans le bateau ? Il faudra que nous rentrions tous au centre. Je ne vais pas pénaliser tous les autres enfants ! »
Question : « Mais lui, ce n’est pas grave de le pénaliser ? »
Réponse : « Le pénaliser ? Mais est-ce qu’il se rend vraiment compte ? Si c’est pour faire de l’intégration pour l’intégration… »

Je me suis arrêtée là pour l’entretien. J’ai appelé l’enseignante référente. Elle m’a dit qu’elle allait convoquer une réunion à ce sujet. Elle m’a dit qu’elle connaissait la position de l’inspectrice chargée de l’intégration, position qui consiste à dire qu’il faut être suffisamment souple pour, tout en respectant le même programme, faire en sorte que tous les enfants participent à toutes les activités. Elle m’a dit que cette position était difficile à tenir devant les enseignants. Je lui ai demandé si je devais faire tout de suite un courrier à l’inspecteur. Elle m’a dit « Oh non attendez, vous savez, il faut ménager les gens. »

Je ne sais pas pourquoi, mais j’ai la nette impression qu’il y a quelqu’un qu’eux ne songent pas trop à ménager. M’enfin, puisqu’il paraît qu’il ne se rend pas compte…

« Je suis malheureux »
« Pourquoi es-tu malheureux ?  »
« Parce que je pleure »
« Et pourquoi pleures-tu ? »
« Parce que je ne vais pas aller en classe de mer »
« C’est important pour toi, d’aller en classe de mer ? »
« oui. Je veux aller avec les autres ».

Allez, mon fils, je trouve que nous pleurons un peu trop tous les deux. Nous allons sécher nos larmes et nous allons nous battre. Comme de preux chevaliers, pour défendre l’honneur d’une société qui le perd peu à peu. Mais rassure-toi, nous ne serons pas seuls. Je connais des tas de gens qui sont prêts à se battre à nos côtés. Merci les gens.

Inspiration, quand tu nous tiens

23 novembre 2007

Je me prépare au nouveau jeu à la mode : le ni nicolas, ni sar*kozy.

Aujourd’hui, extrait de discours hautement actuel d’un homme politique vintage.

Oui par le suffrage universel, par la souveraineté nationale, qui trouve son expression définitive et logique dans la République, vous avez fait de tous les citoyens, y compris les salariés, une assemblée de rois. C’est d’eux, c’est de leur volonté souveraine qu’émanent les lois et le gouvernement. Ils révoquent, ils changent leurs mandataires, les législateurs et les ministres ; mais au moment même où le salarié est souverain dans l’ordre politique il est, dans l’ordre économique, réduit à une sorte de servage.

Oui ! Au moment où il peut chasser les ministres du pouvoir, il est, lui, sans garantie aucune et sans lendemain, chassé de l’atelier. Son travail n’est plus qu’une marchandise que les détenteurs du capital acceptent ou refusent à leur gré…
Il est la proie de tous les hasards, de toutes les servitudes et, à tout moment, ce roi de l’ordre politique peut être jeté dans la rue.

Et c’est parce que le socialisme apparaît comme seul capable de résoudre cette contradiction fondamentale de la société présente, c’est parce que le socialisme proclame que la République politique doit aboutir à la République sociale, c’est parce qu’il veut que la République soit affirmée dans l’atelier comme elle est affirmée ici, c’est parce qu’il veut que la nation soit souveraine dans l’ordre économique pour briser les privilèges du capitalisme oisif, comme elle est souveraine dans l’ordre politique, c’est pour cela que le socialisme sort du mouvement républicain. …

A vous de retrouver le nom de cet homme et l’année au cours de laquelle il prononça ledit discours.

Indice : ce n’est ni Ste*evy, ni Guy Mocquet.

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