Trop mode

9 octobre 2007

Jamais je n’aurais cru partager autant de choses avec Karl Lagerfeld.

Non, sans rire, a priori Karl Lagerfeld est à des années lumières de moi, et bien, pourtant, contre toute attente, même avec lui j’ai des points communs. Si si. Et même des points communs qui vont au-delà du simple fait d’être des humains, surtout moi.

Il est passé à la tévé et, étrangement, ce jour-là, j’ai pu consacrer quelques secondes à le regarder et à l’écouter. Quelques secondes, c’est à dire 5 ou 6, hein, faut pas exagérer. Point trop n’en faut. Je n’ai déjà pas le temps de regarder des trucs intéressants, alors une icône de la mode jetsetteuse, pensez ! Et puis 5 ou 6 secondes pour comprendre le personnage, c’est largement suffisant, je trouve. Même si on le regarde d’une oreille distraite.

D’une, il a le cheveu nettement blanc. Lui assume, c’est son affaire. Moi, depuis que j’ai évoqué la possibilité d’un début d’arrêt de teinture avec mon coiffeur et que je me suis entendue dire : « quelle horreur, ça va être aaaaffffreux ! Vos cheveux ne sont pas assez beaux pour ça, vous savez », je garde ma bouche soigneusement fermée sur la question.

De deux, quand le journaliste lui a demandé si ça le dérangeait qu’on le trouve arrogant, il a répondu : « non ». Si ça, ce n’est pas le comble de l’arrogance ! Pareil pour moi, je suis arrogante et je le prouve. Quand on me demande si ça me dérange qu’on me suppose trop moche avec les cheveux blancs, je répond : « non ».

De trois, il a répondu sur la question de l’autoritarisme qu’on lui suppose : « à un moment, il faut bien que quelqu’un prenne les décisions qui s’imposent. J’aime quand les choses roulent ». Là encore, pareil. Moi zaussi je prends les décisions et j’aime quand les choses roulent. C’est pour ça que j’ai pris rendez-vous jeudi chez mon garagiste préféré, celui qui ne prétend pas que je dois absolument faire trois millions de travaux sur mon véhicule, sinon il est bon pour la casse. Je sais, c’était un peu trop attendu, mais c’est pour me mettre à niveau du reste du monde (ça c’est pour l’arrogance). De la même façon, c’est moi qui décide de ce que les enfants mangent, des fois. C’est de moins en moins vrai, mais je me venge sur le chat : elle, au moins, elle ne sait pas remplir sa gamelle toute seule. Quand elle a faim, elle fait moins sa maline, non mais.

De quatre, si lui pense donner le la de la tendance, moi j’élève mes zonfants dans le culte de l’élégance et du bon goût.

De cinq, lui aussi pense qu’il n’a plus de colonne vertébrale : il est obligé de mettre des tuteurs tout autour de son cou gracile. J’avais longtemps cru que cet élément essentiel de mon maintien avait été capturé par des preneurs d’otages, mais comme je n’ai jamais reçu de demande de rançon, j’en avais déduit qu’elle avait fait une fugue. Elle a fini par me donner de ses nouvelles dernièrement, essentiellement par le biais de messages douloureux. Je ne sais pas ce qui lui est arrivé pendant ses vacances, à présent, elle est toute tordue… D’ici que je sois obligée de me faire poser des tuteurs, moi aussi…

Fashion victim

5 octobre 2007

J’ai beau dire, j’ai beau faire, il semble que ma fille ait décidé de s’opposer systématiquement à moi.

Dernier comportement remarqué : choisir un modèle et le suivre en tout. Comme vous pouvez le constater, elle a opté pour la Ashley attitude, option « faire rire, en cinq points« .

Sans plus attendre, la recette :

Prenez un bébé douché, séché, banalement vêtu d’une couche, d’un body et d’un pyjama vert tendre doté d’un superbe nounours sur le ventre. Laissez le en totale liberté quelques minutes. Et c’est tout. Simplissime n’est-il pas ?

Fashionista

Résultat en cinq points :
1/ Bas du pyjama retiré
2/ Jambes pyjamesques pendouillantes
3/ Chaussettes rose fushia du plus bel effet
4/ Sandalettes de plage vert anis
5/ Sourire provoquant

Surtout laisser exiger de rester ainsi accoutrée toute la soirée et de dormir avec les sandalettes. Au besoin laisser menacer le dépositaire du bon goût d’une fourchette rageuse.

Ne me demandez pas comment à 21 mois, elle a eu accès au site subversif d’Ashley. Je m’attends à tout avec les enfants. Elle a déjà un comportement suspect dans les magasins. D’ici qu’elle commence bientôt les gratins de rats…

I did it

3 octobre 2007

Oui, ben moi, je l’ai fait. J’ai signé. Je me désolidarise totalement encore une fois, décidément, des décisions des genss qui ont été élus pour décider de choses importantes à notre place (non ce n’est pas un concours à la phrase qui contient le plus de « d ». Si ç’avait été le cas, j’en aurais mis plus).

Ce n’est pas comme si j’avais voulu qu’ils soient là. Pas du tout du tout. J’ai même fait tout ce que je pouvais pour qu’ils n’y soient pas. L’adage ment et ce n’est pas beau… La blanche colombe (aphykit, coin gauche, casaque fleurie) a perdu contre la bave du crapaud (crapaud, coin droit, casaque brune), crapaud qui, pourtant, n’avait même pas pris la peine de se transformer en prince charmant (ou peut-être que personne n’avait voulu l’embrasser, il y a des limites à tout). Tous ceux à qui j’ai parlé depuis avril dernier ne pourront pas dire que je ne les avais pas prévenus. Je m’y attendais donc. Enfin m’attendais-je à une telle chose ? Peut-on s’y attendre ? Moi je dis voui à sang pour sang. On pouvait s’y attendre, ne soyons pas naïfs.

Ce coup ci, je ne me mets même pas en colère. C’est pire. J’ai froid dans le dos. J’ai glacé dans le dos.

Je vous mets juste le lien. Allez-y voir, on y est en bonne compagnie.

http://www.touchepasamonadn.com/

Bonne nuit à ceux qui peuvent encore dormir…

Ah oui, j’oubliai une chose : on dit ici ou là que les législateurs ont rendu la loi inapplicable pour pouvoir la faire voter (ah ! ce que Coluche me manque : plus personne n’a l’air de réagir à une telle énormité). Ça n’efface pas la tache. C’est une tache hautement corrosive qui risque de percer tout le système. C’est le genre de tache contre laquelle même le savon au fiel ne peut rien. C’est le genre de tache qui ne doit pas exister.

 

Matin chagrin

2 octobre 2007

Je sais, je l’ai déjà dit, notamment ici, mais je le répète volontiers car je n’ai cure de lasser : le matin, j’écoute la radio. Pas que le matin, d’ailleurs, un peu dès que c’est possible. J’écoute la radio. Pas n’importe quelle station. Je suis un peu sélective dans mes choix. D’une, j’aime les radios où l’on cause. Deux, j’aime les radios où l’on cause intelligemment. En gros, j’écoute essentiellement Radio France. Pas de levée de boucliers, s’il vous plaît, je sais qu’il existe d’autres radios où l’on cause intelligemment et qu’on crève parfois le plafond de la bêtise sur le service public. Mais je n’ai pas trop le temps de flâner sur les ondes et, de toutes les radios nationales généralistes que j’ai pu écouter, France Inter et France Culture sont celles qui collent le plus à mes critères de choix. En plus, vous avez dû remarquer maintenant, « service public » ça me parle. Pour être honnête, enfin, j’écoute donc en majorité les médias les plus neutres, surtout ceux qui sont neutres au point de pencher partialement du même côté que mes idées à moi… Même là, il y a des ennemis et ça suffit à me donner la température générale du front adverse.

Radio France, donc. France Culture parce que j’aime écouter à la fois des choses auxquelles je n’entends rien a priori, genre trois heures sur la physique quantique qui est belle comme un poème, et des choses qui m’intéressent plus explicitement, genre une semaine d’entretiens avec Claude Simon ou les cours de philo de Jankélévitch que si je l’avais connu avant j’aurais fait des études de philosophie au lieu de choisir bêtement un truc pas sérieux qui ne sert à rien : l’histoire de l’art. Et France Inter.

Enfin bref, j’écoute maintenant France Inter le matin. Ben oui, Nicolas Demorand est là maintenant et j’aime moins Ali Baddou. Le premier souci, c’est que je n’entends plus des chroniqueurs que j’appréciais beaucoup. Exit Marc Kravetz, Olivier Pastré, Olivier Duhamel. Le deuxième souci, c’est que je trouve qu’on laisse beaucoup moins les intervenants s’exprimer. Parler intelligemment, démonter la structure des lieux communs qu’on nous assène comme une vérité, ça prend du temps. Je note toutefois une amélioration. Le troisième souci, c’est que j’ai du mal à supporter Jean-Marc S. Jean-Marc S. est, à mon avis, à l’économie l’antithèse de ce qu’est Jankélévitch à la philosophie. Hier matin, il a eu une pensée puissante. Je résume, parce que j’avoue que je n’ai pas bien tout retenu (écouté) ce qu’il a dit. En résumant, donc, il a dit que si la croissance en France est si faible, c’est pasque les gens ne travaillent pas assez.

C’est tellement évident qu’il doit forcément y avoir un lien. Oui. C’est de la cause à effet sans discussion possible. Mais peut-être qu’on pourrait penser dans son quant-à-soi que si les gens ne consomment pas assez, c’est parce qu’ils n’ont pas d’argent à dépenser ? Peut-être qu’on pourrait se dire que s’il y avait moins de chômeurs (au chômage parfois parce que leurs patrons délocalisent pour baisser leurs frais tout en augmentant leurs bénéfices tout en faisant en sorte que ceux qui doivent consommer ne le puissent plus pour pouvoir se plaindre de la baisse du chiffre d’affaire pour avoir une bonne raison de délocaliser) ? Peut-être qu’on pourrait se dire que travailler plus pour ne pas gagner plus est une aberration ? Peut-être qu’on pourrait se dire que les employeurs ne sont pas obligés de sous-payer leurs employés et que d’ailleurs, certains ne le font pas et réussissent quand même à faire quelques bénéfices ? Peut-être qu’on pourrait aussi se dire que la consommation n’est pas un but en soi et qu’en prêchant pour une croissance infinie, on court à la catastrophe ? Bon, très bien, j’arrête. Pourtant j’en avais plein d’autres. Quand je disais que ça prenait du temps d’expliquer que les slogans électoralistes sont mensongers.

Hou, la dangereuse gauchiste ! Rhôôô, ce n’est pas bien de dire du mal de la croissance… Bouh, allez, au coin. Punie. Obligation d’écouter les chroniques de J-M S. en boucle jusqu’à ce que mort cérébrale s’ensuive. Je ne suis pas inquiète, vue la puissance du traitement, ça ne devrait pas être très long…

Cache cache

29 septembre 2007

Chez nous, on ne dirait pas comme ça quand on rentre dans la maison, mais c’est super bien classé dans l’ordinamoteur. Nous disposons d’un merveilleux disque dur externe (j’ai demandé, mais il paraît que non, ce n’est pas une excroissance naturelle du moniteur), fabuleusement partitionné par Mister R., celui qui sait le plus mieux partitionner les disques durs zé externes (source : Mister R.). Comme il connaît super bien l’alphabet, il les a appelé A, B, C, D, et ainsi de suite (« ainsi de suite » n’étant pas le nom du cinquième, si vous me suivez bien). Bon d’accord, je sais, il n’a pas pu choisir autre chose, c’est totalement injuste de ma part, mais ça me fait plaisir de me moquer et puis c’est un test pour voir s’il passe ici de temps en temps.

L’un des lecteurs de disque dur, le plus gros, est consacré aux jeux. Là sont conservés : les meilleurs attaques de pin bas (je sais que ça ne veut rien dire, mais c’est plaisant à écrire), les grattes pour mieux trouver comment récupérer des millions pour gagner à Sim City, l’emplacement exact de la clé rouillée qui, seule, peut te permettre d’accéder aux niveaux où tu peux flinguer tous les soldats nazis zombifiés (comme s’il y en avait d’autres types, franchement) et autres superpouvoirs méga cosmiques.

Un autre est consacré aux photos zé vidéos (oui je sais je l’ai déjà faite, mais j’aime le comique de répétition) familiales et ne fait donc rire que nous. Avant, nos photos amusaient également les préposés au développement des photos dans les labos, mais à présent que nous disposons d’un APN, nous gardons notre ridicule pour nous, c’est plus correct.

Un troisième est dédié à la musique. Comme l’Ipod que nous avons reçu en cadeau et que je n’ai vu qu’une fois, encore emballé, avant qu’il disparaisse à tout jamais de ma vue, dans la poche de mon alter ego. Mais il paraît que je ne me mets jamais d’écouteurs dans les oreilles parce qu’elles ne sont pas équipées pour et que ça justifie la spoliation. Attation, moi je dis, maintenant, on reconnaît le vol entre époux.

Un quatrième à la lourde charge de sauvegarder nos données pour le cas où notre PC planterait pour la Xe fois. Ici, c’est la guerre sauvage PC contre Mac. PC a gagné, mais Mac n’a pas dit son dernier mot, vu son physique avantageux et le nombre impressionnant de plantages de son adversaire.

Le cinquième, dédié à nos données personnelles, est joliment dénommé « travail_famille ». Ranavoir a priori avec les nazis zombifiés, mais on n’est pas tout à fait sûrs qu’ils n’ont pas passé un accord pour nous enduire régulièrement d’erreurs avant de nous rouler dans la farine en perdant exprès nos fichiers importants.

Tout ceci était donc une attaque en règle totalement gratuite. Si tu me lis un jour, mon mari aimé, je t’embrasse. Surtout que j’ai commencé ce post parce que j’étais à la recherche de photos que tu avais prises pour moi. J’ai dépouillé chaque lecteur de disque dur à main nue, mis la fonction « rechercher » sur le coup, déclenché l’alerte maximum. Tout ça pour me rendre compte que tu avais gentiment classé les fichiers dans le bon dossier, sur mon serveur. Mea culpa.

(M’enfin t’aurais quand même pu me prévenir…)

Coupure pub

26 septembre 2007

Je tarde un peu à poster, parce que j’essaie de trouver un sujet léger. Croyez moi, ça facile pas. Je suis cernée par l’armée lourde. « Quelques grammes de finesse dans un monde de brute » disait la publicité. Je ne sais plus laquelle. Ne me cherchez pas là-dessus, s’il vous plaît. Je fais de l’apnée du sommeil moi. Je risque Alzheimer tous les jours il paraît. J’ai beau aimer vivre dangereusement (quoique) c’est fort inquiétant cette histoire. Dès que j’aurai plus de 30 secondes d’affilée à me consacrer, il faudra que j’aille à l’hôpital me faire poser des capteurs.

Ok, ça me revient, c’est Lindt. Vous trouvez ça drôle ? Un petit défi alors ? Bon d’accord, ce n’est pas un sujet très léger. Enfin pour moi, mais ce sera l’objet d’une intervention ultérieure. Le jeu donc. Interdit de passer par Google ou autre biais trop de la triche. Seul votre cerveau pourra vous aider. On dirait un peu un slogan pour un concept émission entre « Koh Lanta » et « Question pour un champion ». Vous ne trouvez pas ? Non, vous ne trouvez pas… T’façon pouvez penser c’que vous voulez, je suis seule maître à bord (je mets aussi les féminins où je veux, nan mais).

Bon, top départ pour le jeu : trouvez le produit (nom et marque) mis en valeur par ce slogan publicitaire extrêmement pointu ou cette chansonnette également très pertinente (pas de musique, trop facile). Comme d’hab, rien à gagner, sauf mon admiration et ma reconnaissance éternelle pour avoir consacré quelques minutes de votre temps à me lire.

Attention, la séquence qui suit, extrêmement datée, peut choquer les esprits sensibles.

  1. « Les chevrons sauvages »
  2. « Les textiles modernes, c’est gai, c’est pratique… Qui pourrait s’en passer ? »
  3. « Si j’t'attrape, j’te mords »
  4. « La lessive poids lourd »
  5. « Buvez, éliminez »
  6. « On se souvient surtout du goût »
  7. « C’est ben vrai, ça »
  8. et pour finir, l’inénarrable : « Javel dire à tout le monde ».

 

Question subsidiaire (uniquement pour ceux qui ne me connaissent pas dans la vraie vie en dure, sinon, c’est trop facile) : quel est l’âge de la bloggeuse ?

Moi, j’aime les roses

24 septembre 2007

Suite et peut-être fin de cette histoire de bulbes à l’école.

Je suis dans une colère folle et ça n’aide pas dans la vie quotidienne : je m’endors avec un bulbe à l’estomac, je me lève avec un bulbe à l’estomac, je déjeune avec un bulbe à l’estomac… bref, on ne se quitte plus, mon bulbe et moi. Je l’adopterais bien, mais c’est un poids dont je pense me passer pour mon bien. Et puis, je ne sais pas pourquoi, mais je commence à détester les bulbes de fleurs. A bas le bulbe, j’en ai plein le bulbe.

J’avais imprudemment annoncé dans un des commentaires que je ne démissionnerai pas parce que je ne veux pas abandonner la lutte. Finalement, au vu des réactions suscitées par cette affaire, je pense plutôt que je vais continuer à me battre, mais autrement. Je refuse de continuer à appartenir à un groupe où l’invective tient lieu de discussion et où la réflexion s’arrête à son propre paillasson. Nous ne sommes apparemment que deux à penser que nous défendons, au nom de l’association, des valeurs essentielles à l’école publique. Dans un moment où elle est mise à mal, il me semble important de lutter pied à pied. Si les parents d’élèves estiment que leur rôle s’arrête à trouver des financements pour les activités, il faut qu’ils cessent de se réclamer de la FCPE. Je vais donc m’inscrire sur les listes pour siéger aux conseils d’école, mais je les laisse organiser les fêtes de charité. Je leur souhaite bon courage, notamment pour trouver des volontaires pour prendre en charge les actions que les deux démissionnaires menaient quasiment seules : la mobilisation contre la fermeture ou pour l’ouverture de classe, les dossiers à préparer en vue des commissions vie scolaire, les relations avec les parents, la préparation des conseils d’école, l’information aux familles, la mise en place des démarches nationales ou locales en faveur des enfants…

Sur ce, je cours déplanter les quelques bulbes qui polluent mon jardin. J’ai besoin d’exercice physique…

Moi, j'aime les roses

 

Bulbe, bulbe, quand tu nous tiens… lieu de cerveau

20 septembre 2007

Mardi : réunion des directeurs d’école du groupe scolaire, suivie de l’assemblée générale des parents d’élèves, dont je suis. Pour l’occasion, bizutage à distance de la nouvelle directrice de l’école de mon fils par les autres enseignantes. Très contente de l’annonce qu’elle doit nous communiquer, c’est tout sourire qu’elle nous dit : « Pour financer en partie la classe de mer, nous allons lancer une opération « vente de bulbes » d’ici la fin du mois. Les enseignants s’impliqueront bénévolement dans cette action. » Je pense que si elle avait lancé une bombabouse au milieu de la salle, l’effet n’aurait pas été si grand. L’ambiance a été pourrie tout de suite. Et pour tout le monde. Ce qui m’étonne, c’est que sur quinze parents présents (et oui, sur près de six cents élèves, quel succès !) seuls deux, dont moi, ont réagi.

Je vous explique le principe : un producteur de plantes à bulbe hollandais a découvert un merveilleux filon. Plutôt que de payer des commerciaux pour vendre ses produits, il propose tout simplement aux écoles, contre récompense, de faire travailler gratuitement les enfants. La main d’oeuvre ainsi constituée, munie de catalogues et de bons de commande, est chargée de démarcher des clients et de vendre les bulbes. Ce qui constitue, en outre, une concurrence déloyale pour les commerces « tout pour votre jardin » des alentours. Si l’école a la chance de faire un chiffre d’affaire de plus de 20000 euros, elle récupère pour l’école 40 % du bénéfice plus un ballon, offert au meilleur vendeur pour motiver les troupes. Comme il ne faut pas abuser de la philantropie, l’école doit aussi régler les frais de livraison. Pour pénétrer ces lieux censés protéger les enfants d’une société de consommation abusive, l’entreprise a lancé une grande opération de parrainage. Je me demande qui a accepté de faire l’intermédiaire pour se couvrir de bulbes (pouah ! enfin, mieux vaut les bulbes que les bubons).

Question des parents d’élèves : « Personne ne vous a averti que cette opération, il y a quatre ans, avait entraîné une protestation des parents d’élèves ? »

Directrice : « Si, mais vous savez, cette année nous avons décidé qu’il n’y aurait pas de prime au meilleur vendeur (en gros, c’est donc elle qui garde les ballons). C’est pour les enfants, vous savez. Les enseignants sont bénévoles ».

Encore heureux ! En plus, les instits ont calculé (mal) que les parents impliqués dans l’affaire étaient tous partis faire de l’agitation au collège. Sauf qu’il en reste, des qui avaient à l’époque des enfants en maternelle, genre…

La plupart des parents, donc, n’a pas perçu l’énormité de la proposition. Un des parents, prétendant que l’affaire ne regardait que les parents de la classe, a tranché en disant que tout était réglé puisque ces derniers accepteraient. Le souci pour lui, c’est que mon fils est dans cette classe.

Non seulement je leur impose un enfant autiste dans l’école, et que même du coup aucun n’élève n’intègrera jamais une grande zécole tellement le niveau va zêtre nul, mais en plus je vais coller mon nez et mes pieds dans la prise de décision. Je sens que l’année va être chaude.

La semaine toute particulière

18 septembre 2007

Je participe sans scrupule à la manifestation initiée par Bellzouzou et annoncée par Ashley sur son blog. Le seul souci en fait, c’est que j’ai déjà écrit un papier sur mon bronzage des pieds, sur la disparition de mon liquide vaisselle, sur l’héroïne de série que je serais si j’étais une héroïne de série, sur le superhéros que je serais si j’étais un superhéros… Je ne vois vraiment pas ce que je pourrais commettre de plus pour honorer la vacuité.

OK je force un peu ma nature et je vous édite la pensée la plus puissante de la semaine.

Pas trouvé.

Je vous livre donc deux citations qui concourent dans plusieurs catégories à la fois
(non, je n’ai pas honte de profiter du talent des autres pour dire des conneries, j’ai simplement peur d’épuiser le mien) :

« S’il fallait tolérer aux autres tout ce qu’on se permet à soi-même, la vie ne serait plus tenable. » Georges Courteline (tuyauté éhontément par Charles Pasqua)

« Une Constitution doit être courte et obscure. » Talleyrand (précepteur de Valéry Giscard d’Estaing)

Une dernière pour finir en beauté :

« Voici que s’avance l’immobilisme et nous ne savons pas comment l’arrêter. » Edgar Faure

La télévision joue le jeu, des fois

13 septembre 2007

Si vous préférez que l’on trie les citoyens et que l’on mette les gens différents à l’écart pour qu’ils ne gâchent pas la vue,

Si vous choisissez de changer votre enfant d’école pour qu’il ne soit pas dans la classe d’élèves moins favorisés par la vie qui risquent de retarder ses progrès scolaires,

Si vous acceptez comme une chose normale que l’on détruise chimiquement le cerveau et le corps d’êtres humains afin qu’ils soient supportables en société,

Si vous pensez que le service public de santé coûte trop cher et qu’il vaut mieux réduire son budget pour financer des boucliers fiscaux pour les plus riches,

Si vous pensez qu’aucune cause ne vaille qu’on lui sacrifie un peu de son temps libre,

Si vous pleurez devant Plus belle la vie et que les nouvelles du monde vous laissent indifférents,

Si vous êtes persuadés que la psychiatrie française est au top niveau,

Si les dernières lois sur le handicap vous semblent suffire à changer radicalement la vie des personnes en situation de handicap,

Si vous cultivez le culte du corps et de la perfection,

Si vous préférez assister au lynchage en direct de jeunes gens plein d’espoir,

Regardez une autre chaîne.

En revanche, si aucune des propositions ci-dessus ne vous concerne, prenez le temps, demain soir, de visionner sur France 3 le fim de Sandrine Bonnaire, Elle s’appelle Sabine.

Et ne croyez pas que mes combats se limitent à la condition des personnes handicapées… Trop facile, vous ne vous en tirerez pas comme ça. J’en ai plein d’autres en réserve.

Et là, bien sûr, difficile de trouver une chute rigolote. Une devinette peut-être ? Allons y.

Je suis un grand philosophe du xxe siècle disparu trop tôt.

J’ai proclamé : Dieu a dit :  » Il y aura des hommes blancs, il y aura des hommes noirs, il y aura des hommes grands, il y aura des hommes petits, il y aura des hommes beaux, il y aura des hommes moches et tous seront égaux, mais ce sera pas facile ! »
Et puis il a dit :  » Y en a même qui seront noirs, petits et moches et pour eux ça sera très dur ! ».

Qui suis-je ?

Edit de 13 h 52 :
Je me ravise. Pas d’intolérance. A bas l’exclusion. Finalement, même si vous vous reconnaissez dans les dix premières propositions, regardez le documentaire. Je vous assure, c’est pour votre bien.

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